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Ali_Fib

: Édition 2007



Notre compte rendu

Ali Fib Fest 3 aux Voûtes

NB: report à lire en musique @ Radio WNE

Un festival atypique pour un lieu atypique: c'est l'impression dominante qui ressort de cette excursion culturelle. Dimanche dernier, de 16h à 23h30 se succédaient au 19, rue des Frigos cinq groupes et un vidéaste, programmés par un original défricheur de talents et d'espaces, Maxime Guitton. Visite en musique.

C'est à quelques encablures de la Bibliothèque Nationale François Mitterand que se trouvent les Voûtes, qui sont de petites salles à l'intérieur du grand bâtiment des Frigos. En sortant de la rue de Tolbiac, de grands immeubles flambants neufs se dressent fièrement, laissant miroiter sur leurs panneaux de verre les derniers rayons du soleil. Nous sommes dans le quartier « Paris Rive Gauche », dernier né des grands projets d'urbanisme de la ville.

Quand soudain, au détour de l'Avenue de France, l'oeil accroche un bâtiment plus sombre, et plus ancien que les autres. On dirait un hangar, un entrepôt. Une sorte de château hanté réverbérant le chaos de la nuit, avec une tour comme une sentinelle... Il s'agit en fait des Frigos, un lieu de création artistique, autrefois gare frigorifique de Paris-Yvry, construite en 1921. Les trains s'y engouffraient pour y fourner des denrées alimentaires, et ressortaient nappés d'une couche de verglas, en fantômes rescapés de l'ère de glace. A présent ce sont plutôt les bâtiments voisins qui semblent froids, face à cet oasis de créativité. Le vilain petit canard du 13è arrondissement réchauffe l'atmosphère commerciale et besogneuse du quartier.

C'est sans doute ce qui a plu à Maxime Guitton, l'organisateur du festival Ali Fib: « C'est assez chouette de voir le quartier en pleine restructuration. Au beau milieu, les Voûtes sont un îlot de résistance architecturale. (...) Et puis ça faisait un an que j'avais eu envie d'y jouer, mais la programmation ne leur convenait pas. Ils disaient qu'ils voulaient 'sortir de la noise ' (ou 'musique bruitiste', ndlr, une musique qui s'intéresse aux sons dissonants) »

Du bruit musical il y en eût pourtant ce soir, à commencer par Axis Mundi, un groupe britannique formé d'un guitariste, une flûtiste et un batteur. La voix est aérienne, supra-humaine. Les spectateurs, eux, sont sagement assis sur les fauteuils rouges de cinéma qui bordent la scène, ou en tailleur sur les tapis posés au sol. Tous observent Axis Mundi et leur étrange transe infinitésimal.

Applaudissements: l'heure de se dégourdir les jambes à l'air libre, dans le jardinet des Voûtes. Avec ses brouettes et son arrosoir, et les pissenlits qui débordent des pavés, ce petit bout de terre en lutte avec son environnement semble extraordinaire. Au loin, on entend les voitures qui pétaradent sur le boulevard Masséna... Des saules pleureurs poussent au bord des arcades, invitant à la paresse sous la nuit maintenant étoilée. Un odeur agréable s'échappe de la cantine attenante, des hommes et des femmes s'y réchauffent avec un verre de vin à la main.

De retour dans la salle, Joanne Robertson a déjà commencé à jouer. Elle est sévèrement prise par une toux. Une épaisse frange lui recouvre les yeux, et elle chante avec une certaine candeur des « folks-songs » douces et sincères. Les lèvres carmin et les joues roses, elle irradie de fraîcheur et de jeunesse, riant comme une enfant entre chaque chanson. Pendant ce temps, de multiples corps à chapeaux, à écharpes, à jupes multicolores commencent à bruisser en des langues différentes. Parisiano-bohèmes ou expatriés curieux des nuits de la capitale, ils échangent en chuchotant des commentaires sur le concert. Personne ou presque ne fume, quelques verres de bières seulement circulent de main en main.

On profite alors de la pause pour s'engouffrer par la porte entrouverte du bâtiment tout proche, où sont les ateliers d'artistes. Les murs sont recouverts de graffiti jusqu'au sommet, jusqu'aux tuyauteries qui courent sur des dizianes de mètres, vestiges de l'ancien frigidaire géant. Ironie du lieu, une pancarte nous demande de « ne pas tagger les couloirs SVP ». Effectivement, il n'y aura bientôt plus un centimètre carré de blanc...Le bruit des canalisations berce notre promenade voleuse, nous rappelant soudainement à d'autres bruits plus proches. Que sont devenus nos artistes?

Une construction de bois est installée sur scène, façon tipi, surmontée d'une tête de cheval et d'une carte perforée. Deux musiciens de Sunburned Hand Of The Man entament une sorte de danse de la pluie, incatation de sons de cloches et de bâtons mêlée. Les spectateurs regardent médusés, voire déroutés, la scène. Les quatres énèrgumènes finiront leur concert – un rock progressif agrémenté de verdoyants sons de bois, d'oiseaux et de cris primitifs- par une destruction de leur espace scènique. Un ensemble étonnant, à l'image de ce lieu, riche de contrastes.

Shows à venir

4 nov. 2007 17:00
ali_fib (mix)
@ bar ourcq Paris

15 déc. 2007 21:00
Axolotl+Weyes Bluhd / Heatsick / Curia+David Maranha
@ Instants Chavirés Montreuil

18 déc. 2007 20:00
Stars of The Lid/Peter Wright
@ Les Voûtes Paris

par Ether
le 03/11/2007

Tags : | Ali_Fib

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