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Clark + Jackson

: @ Bus Palladium - 21/12/2007



Notre compte rendu

M'était donc revenue la tâche d'aller tâter le Bus Palladium des fesses, histoire de voir ce que donnerait cette petite session Warp de fin d'année. Et autant dire qu'il y avait de la concurrence sur Paname ce soir là. Entre 2 Many Djs au Showcase ; Vitalic et The Hacker au Rex ; la traditionnelle dubstep / drum n' bass du Glaz'art ; le pote qui mixait à la Flèche d'Or ; et la Nuit Zébrée que me proposait un autre, autant dire que le choix ne me parut pas d'emblée évident à faire. Je me rappelais pourtant de cette bonne claque que j'avais prise sur Clark l'année dernière, et me décidais d'opter pour la Warp, dont dMute était par ailleurs partenaire.

"Excuse-moi, t'aurais pas du feu ?
- Nan, désolé, que j'réponds à cette nana venant de m'accoster dans la rue tandis que je sortais de chez moi, la tête éméchée au Ricard et plongée dans un plan.
- Quoi ? T'as même pas de feu ? Mais c'est une honte !
- Ouais, j'ai un peu du mal à assumer mais ça va, j'commence à m'y faire.
- Ahah, nan mais j'te rassure, j'fume pas non plus.
- Moi non plus, mais c'est pas grave, personne ne fume, l'important c'est de se comporter un bon parisien, d'avoir assez de repartie pour rebondir sur n'importe quelle situation avec un léger trait d'humour et remplir son rôle de citadin cordial."
Mais elle est déjà loin et je me rend compte que je n'ai fait que penser ma dernière réplique, oubliant de la traduire en paroles. Peu importe, je range le plan et trace ma route.

Boulevard Pigalle, j'enjambe les flaques de vomi qui s'étalent gicleusement du mur au milieu du trottoir, me demandant comment pouvait-il être possible qu'un même endroit réunisse autant de litres de pré-digestion humaine. Peut être étais-je arrivé après quelques séances vaudou modernes, celles qui consistent à vous transformer les parisiens du vendredi soir en des personnages d'interaction tout à fait sympathiques ou alors très cons. L'un d'eux me double en caddie et me dresse le sourire béat du type qui a conscience de faire un truc pas très urbain mais qui en assume pleinement l'acte. Il finit sa course dans les poteaux bordant le passage piéton au moment où une voiture passe à toute allure et je commence du coup à mieux comprendre leur utilité. Mais à force de me plonger dans ces considérations éthyliques, j'en finis par louper ma rue, me retrouve beaucoup plus loin que là où j'aurais dû être, et arrive – parisien oblige – bien à la bourre à la soirée.

Après avoir passé dix bonnes minutes à convaincre un vigile black taillé comme une armoire à glace que mon nom figurait bien sur les listes, j'entre dans la salle, à la fin du set d'un type dont je ne saurai pas le nom. Jackson ouvre donc le bal pour moi. Entre deux, j'aurais eu le temps de m'effarer du prix du verre qu'un gars m'indique à 9 €, renonçais à la perspective de m'alcooliser tranquillement la panse, et affichais peut être un dépit si grand que ma mine déconfite me valut de me faire payer une goutte de ce breuvage de luxe.

Ca commence donc comme le set d'un type qui veut passer ses vieux disques de rock lui tenant à coeur mais dont tout le monde se fout. Après s'être acquitté de son devoir envers ses états d'âme, Jackson passe à un registre plus dancefloor. C'est complètement différent du mix hypnotique que le larron nous avait offert lors de la première édition de Let It Bleep mais c'est réussi ; certes plus racoleur, mais les gimmicks font mouche et c'est l'essentiel. En bon DJ, Jackson soumet les morceaux à un découpage sélectif sans pitié, en tire juste la substantielle moelle qui l'intéresse et se balade entre les registres, de la techno daft punkienne au rock, en passant par une bonne dose de big beat maintes fois rabâchée mais toujours – ô combien – efficace. Mission accomplie, le Bus Palladium est, malheureusement pour la seule fois de la soirée, chaud bouillant.

Clark entame son show avec Bricks, tiré de Clarence Park. S'ensuit un mix totalement décevant. D'accord, c'est un live, pas un dj set, mais tout de même. Les morceaux s'enchaînent avec la finesse d'un jukebox de bistrot ; les coupures intempestives ne cessent d'interrompre la performance ; certains passages sont si bizarrement foutus qu'ils deviennent parfaitement indansables. Ce n'est pas faute de vouloir essayer mais impossible de se plonger dans le live de Clark. Cela dit, j'aime autant préciser que ce fut bien loin de ce que j'avais déjà pu voir de lui la fois précédente. On mettra donc ça sur le compte du fameux "c'était pas son soir". Il achève son set sur Proper Lofy, laisse place à un DJ qui sert une musique totalement chiante et ne réussit pas à ranimer le dancefloor. Je me tire, las de cette soirée. Que les parisiens ayant opté pour les nombreuses autres options ce vendredi se rassurent, ils n'ont rien raté.

par Tehanor
le 24/12/2007

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2 commentaires

par Papsout (le 05/02/2009)
Je tiens à rectifier une petite chose mon cher Camille.(prénom bicéphale, nan?)

Non, Neil Young ne pratique pas une musique molle, en quelque heure que ce soit!

Son talent se mesure à la taille de ses rouflaquettes : IMMENSE.
(la preuve : http://www.youtube.com/watch?v=AdkZB0ik9ZI&feature=related)

Merci encore caribou.

PS: Je vois que Dmute envoie ses chroniqueurs aux quatres coins du monde, interessant...

par tesunhomort (le 05/01/2008)
tehanor, ou l'art de la non-information

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