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Julianna Barwick + Flints Are Birds + Côme

: @ Espace B - 25/05/2011



Notre compte rendu

Je passerai assez vite sur les deux autres groupes présents ce soir. Pas mauvais, encore que j'ai peu goûté le rock un peu fade de Flints Are Birds. La power pop de Côme, en revanche, a de beaux atouts pour elle. Mais si je décide de parler seulement de Julianna Barwick, c'est parce que sa musique n'est absolument pas comparable à celles des deux autres. Pas meilleure, mais simplement pas comparable.

Julianna Barwick est une musicienne hors-norme, difficilement classable. C'est un peu un croisement contre-nature entre une Joan Baez 2.00 et Noveller ou Black Dice, passés au filtre d'un apaisement considérable. De la gestuelle et de l'instrumentarium de la musique de Brooklyn des années 2000, Julianna Barwick garde les principaux attributs : une personne seule, droite, debout, devant une table chargées de cables, de pédales, de machines. A ceci près que Julianna Barwick n'a qu'un pédalier, et que sa table ne ressemble pas au chaos électronique de celle d'un groupe comme Growing.

L'autre notable différence, et non des moindres, c'est qu'à quelques rares exceptions guitaristiques près au cours de son set, Julianna Barwick n'a pour instrument que sa voix, avec laquelle elle construit des boucles et des nappes qui se superposent en accords irrésolus, dans une musique que la critique qualifie généralement de sacrée. Il y a quelque chose d'un Gospel chez Julianna Barwick, mais sur scène, on dirait plutôt que le chant est un outil d'introspection. En interview, elle nous confiait d'ailleurs aimer par dessus tout de pouvoir être seule dans sa musique, et de la mener de manière parfaitement autonome et solitaire.

Une formule qui donne, de fait, un set très calme, joué à bas volume. L'ambiance très "maison" de l'Espace B ajoute au charme d'un concert qui ne brusque rien, mais force quelques portes en douceur. Julianna Barwick joue presque exclusivement dans le noir, comme Tim Hecker il y a un mois de cela. Si les morceaux de The Magic Place se ressemblent beaucoup les uns les autres, y compris dans leur recréation live (on a le sentiment de la voir réenregistrer et recréer ses morceaux pour l'occasion, comme Daniel Johnston délivrait des copies de ses albums... non en les dupliquant mais en les rejouant dans leur intégralité devant son magnétophone !), leur dimension répétitive ajoute à l'hypnose. Entre tous ces morceaux, joué de manière traditionnelle mais qui pourraient aussi bien s'enchaîner en un seul long set, on se perd comme dans une grande masse océanique, on y entre sans trop savoir quand on en ressortira. Le set est court, mais l'on perd vite la notion du temps.

Julianna Barwick fait l'effet d'une musicienne en devenir, ce soir-là. Une formule originale, qui ne semble pas encore tout à fait au point, mais dont on sent qu'elle va s'affiner à mesure que la musique gagnera - on l'espère - en intensité et la jeune femme en présence scénique. Ce ne sont-là que menus défauts et, en l'état, la musique de Julianna est déjà belle et convaincante - si tant est que ce mot soit approprié à cette musique.

par Mathias
le 04/06/2011

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