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Wilco

: Ode to Joy



sortie : 2019
label : dBpm
style : Country alternative / Pop Folk

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Tracklist :
01/ Bright Leaves 02/ Before Us 03/ One and a Half Stars 04/ Quiet Amplifier 05/ Everyone Hides 06/ White Wooden Cross 07/ Citizens 08/ We Were Lucky 09/ Love is Everywhere (Beware) 10/ Hold Me Anyway 11/ An Empty Corner

S'il est toujours passionnant de continuer à suivre de vieux loups de mer tels que Wilco, on redoute néanmoins un faux pas qui tarde heureusement à venir dans leurs cas. D'une part les dernières livraisons des chicagoans, Star Wars (1995) et Schmilco sorti dans la foulée l'année suivante, rassuraient encore et formaient à eux deux un savoureux binôme conciliant les deux facettes d'un groupe autant à l'aise dans les turbulences électriques que dans les ballades acoustiques. D'autre part leurs prestations scéniques, notamment celle du Trianon de Paris en septembre dernier à laquelle votre serviteur a assisté, continuent d'impressionner pour leurs générosité, intensité émotionnelle et moments de bravoures d'une monstrueuse technicité bien camouflée. Aucune raison valable de se tracasser donc : Wilco est encore l'un des plus grands groupes américains actuels et ce nouvel Ode to Joy ne fait que le confirmer.

Ce onzième opus débute comme si le groupe émergeait d'un long sommeil, réveillé par une percussion martiale de Glen Klotche qui reviendra assez souvent sur notre route, puis par de petites touches d'instruments disparates faisant lentement éclore une chanson belle à pleurer portée par le spleen vocal de Jeff Tweedy : Bright Leaves. Car on s'en doutait connaissant ce dernier, Ode to Joy porte ironiquement son nom et va plutôt souffler, plus encore qu'auparavant, un vent de mélancolie flottante sur de chaleureuses chansons dans la pure tradition folk (la magnifique Before Us) et alternative country (les ancrées Citizens et We Were Lucky). On admire ici le travail d'un groupe qui, à l'instar d'autres formations américaines majeures telles que Low ou Yo La Tengo, ne se repose jamais sur ses lauriers après 25 ans de carrière. Celui-ci continue même d'alimenter sa légende en s'essayant à de nouvelles textures quasi impresionnistes conférant à des compositions déjà remarquables une aura singulière.

L'aura, c'est peut-être ce qui avait manqué à certains des prédécesseurs de ce Ode to Joy rejoignant à sa manière quelques œuvres marquantes de leur discographie. Celles proposant notamment une cohérence sonore forte, une sophistication pointilleuse dans les détails due en partie à leur collaboration avec Jim O'Rourke par le passé. Celles usant elles aussi de l'assonance en "o" dans leurs titres : Yankee Hotel Foxtrot (2002), A Ghost is Born (2004) et dans une moindre mesure The Whole Love (2011). Ainsi il y a trois "o" dans Ode to Joy, comme dans "Cocoon", cette forme blanche circulaire (s'approchant peut-être de la pomme, comme chez les Beatles ?) envahissant tout l'espace de la pochette et qui sied particulièrement à l'univers de Wilco.

Cocon d'abord comme refuge protecteur à un monde qui tourne dans le mauvais sens, cocon ensuite comme petite bulle affective dans laquelle la musique adoucit les heurts, cocon enfin comme fontaine de jouvence d'une pop n'ayant pas d'âge, ou alors qui aurait tous les âges. Ode to Joy est mature mais il reste joueur (Everyone Hides), il est classique dans le fond mais moderne dans la forme. Les musiciens de Tweedy sont ici légèrement relégués au second plan. Exit les solos de guitares cleans du génial Nels Cline, exit les rythmiques alambiquées du grand Glen Klotche réduit ici à un certain minimalisme, tout converge plutôt à une mise en ambiance sensorielle globale doucement enveloppante (An Empty Corner) sublimant l'ensemble, ce qui reste la marque des grands disques, ou pas loin. Wilco n'est plus seulement un groupe, c'est une émotion.



Chroniqué par Romain
le 16/10/2019

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