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L'Oldie de la semaine

: American Football - S/T (1999)



Avec des textes d’adolescents torturés et des rythmiques métronomiques, le groupe emo/post-rock American Football a su se frayer une place dans la légende…

Souvent lorsque l’on me demande quels groupes siègent dans mon panthéon, c’est avec circonspection que sont accueillis des noms tels que Number Girl, dont l'album live sorti fin 2019 est empli d’une puissance et d’une émotion brutes, ou encore Ui, cette formation double-bass initiée dans les années 90 par le journaliste Sasha Frère-Jones, dans la vague des groupes de post-rock de Chicago comme Tortoise ou Gastr Del Sol. Toujours dans l’Illinois, mais dans un registre plus adolescent, American Football et son album self-titled se sont préparés au passage à l’an 2000 avec un album dont les retentissements nous font écho encore aujourd’hui, plus de 20 ans après sa sortie.

American Football est un trio originaire de Champaign, dans l’Illinois, aux États-Unis. L’une des deux composantes fortes du groupe réside dans ses textes à tendance emo. En effet, Mike Kinsella, guitariste et chanteur à l’origine du projet était à l’époque fan de The Smiths ou encore The Cure. Il a su retranscrire dans ses chansons les méandres des émotions amoureuses d’une génération américaine mal dans sa peau. Pour exemple, le titre d’ouverture Never Meant, sur lequel Kinsella se convainc avec lucidité de l’échec de sa relation amoureuse en affirmant que celle-ci "n’était pas faite pour exister". Ou encore, les chansons But the Regrets Are Killing Me et I’ll See You When We’re Both Not So Emotional, dont les titres même et la narration vocale et instrumentale mettent en avant le lien fort qui réside entre sentiment amoureux et douleur.

En ne se basant que sur le contenu des thèmes abordés, on pourrait considérer qu’American Football est un album qui se prête à être joué sur la chaîne hifi d’une lycéenne des suburbs ou le lecteur CD d’un étudiant de campus américain. Ce n’est pas que ça. L’instrumentation de l’œuvre est particulièrement originale car très inspirée par le math rock et le post-rock. Cet aspect du groupe est avant tout porté par la précision et l’inventivité du jeu de batterie de Steve Lamos. Le batteur-trompettiste joue des rythmiques entêtantes servant de terreau à l’entrelac d’arpèges créé par Steve Holmes et Mike Kinsella. Les trois compères ont d’ailleurs commencé à composer en instrumental, le chant n’étant qu’un prétexte ou plutôt un habillage supplémentaire pour leurs morceaux. L’ensemble des pistes de l’album possèdent donc ces leitmotivs répétitifs et évolutifs qui marquent les esprits (You Know I Should Be Leaving Soon, Stay Home).

Le titre Honestly ? reste certainement le titre le plus abouti et le meilleur exemple de la patte American Football, il se distingue par son évolution en deux temps : une première partie chantée, teintée de spleen, puis une explosion instrumentale qui semble cristalliser, voire sublimer ces teenage feelings oubliés dont parle Mike Kinsella. Quinze ans plus tard, le groupe se reformera pour sortir un second album en 2016 (American Football LP2), puis un troisième en 2019 (American Football LP3). Mais ce premier opus a tant marqué les esprits de nombreux adolescents et jeunes adultes américains, qu’ils en parlent encore aujourd’hui non sans nostalgie comme de la bande son de leurs plus belles années.



par Jonathan
le 15/02/2020

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