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Alt-J + Joy Wellboy

: @ L'Abordage - 09/11/2012



Notre compte rendu

En six mois, Alt-J est devenu un groupe incontournable avec un son qui conjugue électro, pop et un phrasé flirtant avec le hip-hop et c'est sans doute ce mélange qui a attiré des sensibilités aussi diverses. Le passage sur scène devient alors un véritable enjeu : donner à entendre ce pour quoi le public vient (l'album tant apprécié) et montrer un réel talent scénique. La salle de L'Abordage ne pouvait donc qu'afficher complet pour ce groupe en plein essor avec des spectateurs qui ont parfois fait beaucoup de kilomètres pour apprécier cette nouvelle sonorité.

Alt-J

Pourtant, la première partie, Joy Wellboy, n'a pas du tout été reléguée à un rôle de simple prélude et si le groupe n'était pas connu par l'ensemble du public avant le concert, cette nouveauté n'en fût que plus séduisante. Formé en 2009, ce duo belge vit sa musique dans le bonheur et l'excentricité. Inutile de choisir son camp entre acoustique et rythme plus électronique, le principal est pour eux de partager ce bonheur avec la salle. Et avec What Baby, la chanteuse Joy Adegoke peut assumer une électro-pop décomplexée et volontairement naïve. Rien de tel pour conquérir ce public avant de passer avec Buy My Flowers et Flush Me à des mélodies plus douces, plus complexes qui permettent à Joy de mettre en avant toute l'épaisseur de sa voix noire. Un groupe à découvrir sur scène ou à travers les versions acoustiques de leurs chansons qu'ils mettent en scène de manière décalée dans des lieux désertiques, comme ici.

Alt-J

Que faire pour hypnotiser un public déjà conquis ? Lui servir en ouverture les deux premiers morceaux de An Awesome Wave, album écouté et réécouté, découvert et redécouvert. Dès les premières notes de Intro, c'est ce rythme à la fois dansant, langoureux ou plus sec que l'on reconnaît et qui nous transporte. Un rythme sec, quasi sauvage qu'on retrouve dans Fitzpleasure alors que Breezeblocks réussira à mêler le chant langoureux de Joe Newman coupé par des rythmes plus secs. Même si la fascination créée par la musique de Alt-J vient de ce mélange issu de l'influence de la musique hip-hop, le groupe atteint ses sommets sans doute avec des titres aussi doux que le majesteux Matilda ou Ms ». Danser ou se laisser bercer ne font plus qu'un tant chaque chanson semble là pour nous raconter une histoire. Et c'est avec la même histoire que l'album que s'acheva le concert, l'histoire de la mort du photographe Robert Capa racontée dans Taro. Final qui indique une des clefs pour comprendre ce groupe : écouter chaque titre comme une photographie sonore. Malgré tout le plaisir pris à réécouter en concert cet album, un petit regret subsiste. Car nous avons entendu l'album et rien d'autre. Sans doute que leur succès est encore trop proche, mais les membres de Alt-J n'ont pas réussi à prendre une entière liberté par rapport à leur composition. Si cette petite déception ne peut qu'accroître le désir de voir l'évolution de ce groupe, pour l'instant on ne peut que se réjouir du bonheur des spectateurs et de la simplicité du groupe qui s'est prêté jusqu'à la fermeture de la salle au jeu des autographes et des photos avec ses fans.

Alt-J

Photo: Patrice Vibert



par Patrice Vibert
le 28/11/2012

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