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13 & God + Saroos

: @ Maroquinerie - 21/05/2011



Notre compte rendu

21 mai 2011, rendez-vous à la Maroquinerie avec quelques unes de nos anciennes marottes : The Notwist et Themselves, réunis dans 13 & God. Soit, l'un des fleurons de la pop électronique européenne (on se rappelle le désormais classique Neon Golden en 2002) et le groupe fondateur du collectif Anticon, formé autour des désormais figures tutélaires que sont Jel et Dose One.


Le concert ouvre sur le set de Saroos, qui délivre une musique à la fois post-rock et électro, souvent assez krautrock, quelque part entre Boards of Canada, Lali Puna et l'esthétique de Constellation. Pas étonnant, puisqu'on trouve chez eux des membres de Lali Puna, Notwist et ISO 68. Entre les monorythmies et les boucles répétées dans un propos fondé sur la pulsation, il y a quelque chose d'un retour au premier âge des musique électroniques : hypnose, simplicité du battement, joie simple des sons. Saroos ne propose pas une musique révolutionnaire mais leur musique est prometteuse et n'a pas à rougir devant les formations qui évoluent dans le même sillon.


Quant à 13 & God, on les attendait de pied ferme, pour deux raisons : un dernier album (Own Your Ghost) très réussi, mais aussi pour vérifier si nos anciennes formations de prédilection tiennent toujours la route. Globalement, la prestation du collectif est réussie : présence scénique, désir palpable de jouer en live, gros son, talent de showman de Dose One, excellentes compositions posées sur un site instable entre pop indépendante et hip-hop déviant, public réceptif : il n'en faut pas davantage pour faire un bon set. Il faudrait ajouter, pour être tout à fait honnête : ils tiennent toujours la route, oui, mais peut-être aussi parce que leur formule est globalement restée la même. Séduisante, certes, mais elle n'a pas fait l'objet de bouleversements majeurs ; elle est globalement la même qu'il y a cinq ans. Courrait-elle le risque de ronronner ? Possible, si elle n'y prend pas garde.


En attendant, tout va bien. D'autant que le concert est surtout consacré aux titres de Own Your Ghost, qui ne sont pas, dans leur version scénique, une copie conforme de leur version discographique. Plus de guitares, plus de batterie donnent à l'ensemble un feeling plus rock que sur le disque. La détresse en sourdine de la voix de Markus Acher est certes toujours présente, mais elle n'est plus qu'un élément quasi instrumental dans un ensemble complexe, à la fois électrique, acoustique et électronique. Les compositions et leur interprétations se divisent selon qu'elles portent un accent plutôt rock ou plutôt hip-hop, même si Dose One fait des backing vocals plutôt satisfaisants. En live, cet accent est souligné davantage : et on peut dire sans trop se tromper que les morceaux les plus convaincants sont ceux que mène Dose One : voix assurée et toujours aussi inimitable, flow virtuose, énergie scénique et puissance vindicative des compositions : il est incontestablement le point focal du concert, surtout quand il sort ses quelques tours d'ambianceur. Après avoir demandé aux différentes tranches d'âge de faire du bruit (« I want all my young people in da house to make some noise ! I want all my old people in da house to make some more noise. And now, I want all my unyoung people in da house to make noise too. Sounds like old people win! »), après avoir demandé pourquoi un abruti avait planifié la fin du monde le jour de leur « Paris show » ou encore avoir traité Jésus de « dickhead » (on parle toujours du Jugement Dernier, si vous suivez le bonhomme), Dose One ne cesse de promener son corps de contorsionniste le long de la scène, haranguant les premiers rangs et dirigeant la marche des différents titres d'une entière assurance. Un set et deux rappels plus tard (le public semble particulièrement attentif et fidèle), le verdict est lâché : set plus que convaincant.


Alors certes, on peut penser que la formation vit un peu sur ses acquis et ceux des trajectoires respectives de ses membres. Mais puisqu'ils s'en sortent avec ce brio et sont autant à l'aise sur scène, on préfèrera retenir de leur show l'aisance et la maîtrise. En espérant peut-être, davantage de prise de risque et d'inconnues dans leurs prochaines équations scéniques.



par Mathias
le 23/05/2011

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13 & God
(2005)
anticon.
Electro / Hip-hop



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