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Bing & Ruth

: Species



sortie : 2020
label : 4AD
style : électronique / Minimalisme

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Tracklist :
1/ Body in a Room
2/ Badwater Psalm
3/ I Had No Dream
4/ Blood Harmony
5/ Live Forever
6/ The Pressure of This Water
7/ Nearer

Pianiste originaire du Kansas ayant étudié à la prestigieuse New School for Jazz and Contemporary Music de New York, David Moore nous a déjà livré sous le nom Bing & Ruth trois œuvres de haute tenue mettant son instrument de prédilection au service de compositions délicates. Son précédent effort No Home of the Mind (2017) constituait justement un sommet de ce que le genre Modern Classical a à nous offrir, à savoir quelques grammes d'éternité via une musique souvent sur le fil entre la profondeur immersive de l'ambient, la légèreté du minimalisme et les émotions générées par un certain néo-classicisme. Le label historique 4AD ne s'y était finalement pas trompé en l'intégrant à son catalogue d'artistes majeurs. Concluant un triptyque placé sous le signe du piano en atteignant le sublime, No Home of the Mind amenait fatalement à se poser cette question : quelle suite lui donner ?

En nous accueillant par une bruine de synthétiseurs vintage, Species emprunte une voie nouvelle qui titillera la curiosité d'un auditeur rapidement amené à penser que cet album va appartenir à une autre espèce. En délaissant le traitement acoustique de ses premières œuvres pour flirter avec les volutes d'une musique électronique d'un autre âge issue principalement de l'orgue Farfisa (utilisé par Pink Floyd dans les 60's et Philipp Glass dans les 70's), Bing & Ruth change clairement de cap mais ce qui constitue une petite révolution sonore dans la musique de l'américain ne doit pas nous faire oublier que le cœur animant David Moore reste le même. Il y a en effet dans Species autant que dans ses prédécesseurs cette même recherche de plénitude infinie et de beauté parsemée en particules suspendues au temps.

David Moore développe ici des compositions statiques aux vertues hypnotiques, effaçant parfois par leur répétitivité toutes notions de temps (la pièce maîtresse Live Forever) et rappelant a fortiori les œuvres psychédéliques du Terry Riley des débuts (I Had No Dream ci-dessous ainsi que la belle The Pressure of this Water). Discrètement aidé par la clarinette de Jeremy Viner et la contrebasse de Jeff Ratner, le compositeur construit un nouveau monument de subtilité insaisissable trouvant également ses moments de grâce dans ses silences (l'interlude Blood Harmony ou le magnifique finale Nearer). Pour son goût de l'abstraction et des informités, Species serait à ses trois prédécesseurs ce que le néo-impressionnisme était à l'impressionnisme, soit une nouvelle étape esthétique sur le chemin de la beauté.



Chroniqué par Romain
le 19/07/2020

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No Home of the Mind
(2017)
4AD
Modern Classical / ambient / Minimal



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