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Viet Cong

: S/T



sortie : 2015
label : Jagjaguwar
style : Rock indépendant / post-punk / Pop

Tracklist :
01/ Newspaper Spoons
02/ Pointless Experience
03/ March of Progress
04/ Bunker Buster
05/ Continental Shelf
06/ Silhouettes
07/ Death

Bâti sur les ruines de Women, le groupe Viet Cong a tout pour plaire. Du moins à en croire l’énorme tapage qui accompagne la publication de ce premier opus. Il est d'ailleurs difficile de ne pas en être agacé ou de ne pas se laisser parasiter par ce bruit ambient. Et ce n’est pas le souvenir de leur premier ep intitulé Cassette qui nous fera penser le contraire. Encore moins le choix de ce nom, Viet Cong, qui même s’il fait écho à l’esthétique post punk d’un Joy Division laisse quelque peu dubitatif. Quel est en effet le véritable sens d’une telle démarche pour un groupe indie? Interpeler, choquer? En l’espèce, on peut se demander s’il s’agit plus d’une posture ou d’une volonté de toucher le public. Mais peut-être ne s'agit-il d'aucune de ces deux hypothèses…

Là n’est pas le propos. A vrai dire on évacue assez vite le problème, jusqu’à une limite qu’il ne nous appartient pas de fixer. Car même si le premier ep ne nous avait pas marqué de son empreinte indélébile, nulle doute que ce premier album a su inverser la tendance. Certes il y a bien du post punk dans la musique de Viet Cong mais pas tant que ça. Il faut le voir plus dans la manière de produire cet album que dans le répertoire lui-même. On pense à cette manière de mettre en avant une basse boostée dans les médiums au point d’en obtenir un son parfois nasillard. Ou à cette guitare décharnée et l’utilisation de reverb et de compression à outrance. Toutefois, cela s’arrête là : à l'instar de Women, Viet Cong est avant tout un groupe indie.

En effet, l'univers des canadiens ne se limite pas à la simple évocation de l’esthétique et des sonorités d’un Ian Curtis bien trop souvent évoqué ou plutôt profanée par une critique et des chargés de com’ décidés à vendre leurs artistes sous une étiquette familière. Mais il est parfois difficile de se débarrasser de la chimère qui a été créée. A tel point qu'on prendrait la mélodie de Silhouette pour celle de She Lost Control Silhouettes. Hommage ou inconscient trop bavard ? Seul Freud pourrait nous le dire.

Quoiqu’il arrive il y a dans la musique de Viet Cong de la place pour le krautrock, le shoegaze, la new wave, le noise et la pop. On pense au Velvet Underground, à Bowie...Il y a dans cette musique une manière d’associer ou d’engranger différente sensibilité sous forme de collages. Des collages qui associent conjointement ou successivement des textures et des influences pourtant bien séparées. Tel est le cas d’un March In Progress, qui bifurque d’un genre à l’autre. Un collage qui montre une véritable maîtrise de l’ouvrage. On passe ainsi en quelques minutes d’une mécanique répétitive synthétique vers une incantation messianique sous forme de montée en gamme pour s’achever sur la plus sautillante des rengaines indie pop actuelles. Et c’est ce qui justifie proprement le battage autour de ces quatre canadiens.

Certes, tous n’est pas du même niveau, mais il existe de véritables pépites tels un Continental Shelf qui réveille le spectre d’une cold wave passée par les méandres poisseuses du grunge ou Pointless Experience qui réserve le même traitement à la dreampop. Mais le jeu en vaut la chandelle, rien que pour ses trouvailles mélodiques accrocheuses. Même si parfois certaines phases sentent bon le remplissage ou le pure réflexe reptilien du type qui joue depuis la puberté dans des groupes de noise et qui a tendance à grossir le trait et monter le volume pour mieux se donner l’impression d’avancer (Silhouettes ou certaines phases de l’épique Death qui tirent en longueur). Bref on l’aura compris, Viet Cong, avec ce premier essai, justifie bien le tapage qu’a occasionné la sortie de leur premier effort, en raison de leurs trouvailles prometteuses et clairement accrocheuses. Toutefois, il reste encore du chemin et la véritable route ne débutera qu’à l’occasion de leur prochaine livraison. Affaire (vivement) à suivre.



Chroniqué par Guillaume C.
le 23/02/2015

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