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Scopitone

: Édition 2006



Notre compte rendu

Vendredi 30 Juin

Si la ville de Nantes est considérée comme une des plus agréables villes de France, cela vaut autant pour le cadre de vie que pour sa richesse culturelle, au premier lieu desquels se place son foisonnement musical, des festivals aux lieux permanents, des nombreux groupes aux disquaires spécialisés.

Rendez-vous était donc pris pour cette nouvelle édition de Scopitone, avec au programme Agoria, Para One, Champion, Birdy Nam Nam, Laurent Garnier et Bugge Wesseltof, Richie Hawtin, Spank Rock, France-Brésil et des températures avoisinant les 35° … soit une grosse tranche de bonheur pour nos esgourdes et nos aisselles.

Arrivés relativement tôt (21h00) sur le tres agréable site de la Trocardière, nous prenons le temps de profiter du cadre … lire « glander sur les pelouses, dans les transats et au bar VIP ». L'espace est réparti en trois points, Le Chapiteau assez vaste, La Halle, une grande salle bardée d'écrans et La Patinoire, vaste lounge dédié aux arts numériques, vidéos en tête. Il est aisé de circuler de l'un à l'autre, les restos et bars ne débordent jamais … organisation irréprochable.

C'est avec Wax Taylor, programmé en remplacement de Plaid à la derniere minute, que débutent les hostilités. Flûte et violoncelle live sont appelées en renfort de l'abstract hip hop de celui que beaucoup considère comme un des maîtres en la matière. Une prestation à l'image de sa musique, sage et policée, une agréable mise en jambe avant les poids lourds à venir.

Matmos : C'est avec la même ferveur clairvoyante que leurs compatriotes de The books, sans le coté baroque, que ces américains découperont une electronica variée, mélangeant une multitude de musique éthnique ou populaire : funk, soul, samba, ou les darboukas se mélangent à l'énergie de leur musique expérimentale dans leur dernier album, The Rose Has Teeth In The Mouth Of The Beast.
Nathan Fake prend ensuite place et délivre un set dans la droite lignée de ses productions : mentales et habitées, improbable croisement entre electronica spatiale et dance-music planante, soit du Border Community à son paroxysme. L'exercice ne semble pourtant pas provoquer une franche unanimité au sein du public, d'aucuns regretant l'aspect trop « nerd-intello-planant » au vu de l'heure et de la configuration des lieux.

Si les "nouvelles scènes" recoivent un accueil partagé, les "anciens", Coldcut en tête, recoivent eux toute l'attention d'un public conquis d'avance.

Alliant avec maestria travail de Dj et de Vj, les deux anglais dûemement accompagnés chauffent la salle et montent en puissance au son de leur dernier opus, convoquant électronique et hip hop en un savant mélange détonnant. Les fans sont ravis, les néophytes conquis, mission (de nouveau) accomplie pour les fondateurs du label phare des années 90, Ninja Tune.

Après quelques pauses rafraichissantes bienvenues, un détour vers La Patinoire nous emmène vers l'univers feutré et abstrait de Depth Affect. Là aussi, musique et vidéos s'entremêlent pour le plus grand plaisir des sens ainsi affutés. Le duo nantais, accompagné pour l'occasion d'un vj's, s'est installé au milieu de La Patinoire : les visuels projetés au dessus d'eux sont cadencés par les rythmiques et les hochements de tête de chacune de leur montée acoustique ou hip popeuse. On reconnaît avec plaisir chaque titre de leur premier et non moins talentueux album "Arch Lymb ".

S'ensuit alors le très attendu nouveau prodige de la scène hip hop, prince des mutations transgenres et des basses vrombrissantes. Les fans dela premiere heure se sont amassés aux premiers rangs afin de ne rien perdre de la prestation de ce nouveau monstre scénique : Spank Rock n'est pas là pour faire de la figuration, qu'on se le dise.

Rythmes syncopés et erratiques, flow puissant et ravageur, la prestation est fidèle à l'album sorti récemment (Yoyoyoyoyo) sur Big Dada : efficace et sans concession, moite et sensuelle.



En dépit des efforts déployés par les précédents artistes et la débauche d'effet, la palme de la soirée revient au canadien portant haut et (très) fort les couleurs d'une techno minimaliste aujourd'hui tant vantée, de Berlin à Copenhague, de Madrid à Santiago. Visuel et lightshow alimentent parfaitement le set hypnotique d'Hawtin (puisque c'est de lui qu'il s'agit, vous l'aurez deviné), le public jouit en silence de cette musique envoutante, espérant secrètement qu'elle dure jusqu'au grandes heures de la journée .

Un finish en forme d'apothéose, extase des fins de nuits délicieuses bercées au son d'un des meilleurs activistes techno. Dehors, le jour commence à pointer, la foule encore nombreuse s'éparpille, sourires et cernes d'une nuit agitée en guise de masque. La fête aura été complète ce soir et la perspective d'une seconde soirée gomme pendant un moment la fatigue qui nous gagne. "Voir Richie et partir" ...

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Samedi 1er juillet

Après une courte nuit de repos et un ressourcement salvateur dans un canapé du plus bel effet, c'est avec un enthousiasme poussé à son paroxysme que nous regagnons le site du festival. Le public semble toujours aussi nombreux et prêt à en découdre. L'attraction numéro 1 des premières heures sera néanmoins bien loin des habituelles fiestas musicales : France - Brésil monopolisera la scène du Chapiteau, décalant ainsi le set tant attendu de Para One, après avoir squatté pour le première mi-temps, la scène principale de La Halle.

Tout de suite après la fin du match, retour aux choses sérieuses. Le nouveau maître des productions électroniques capable de faire danser un cul de jatte prend place : sourire malicieux sur polo blanc immaculé, le garçon semble décontracté et prêt à rattraper le retard sans perdre une seconde.

De son remix du Prime Time of Your Life des Daft à l'imparable Dudun Dun, chaque titre fait valser les T-Shirt et vrombrir les tympans, ravissant tout le monde même mon voisin de droite ("si, si, j'te jure, c'est un anglais, il est trop fort " l'entends-je hurler dans la pauvre oreille de son autre voisin).

La foule, déchainée et unanime, trépigne et s'extasie à chaque nouveau track comme si l'avenir en dépendait. Jouissance totale durant tout le set, plaisir partagé d'une rencontre réussie. Juste parfait. Juste ce qu'il nous fallait.

Lorsque nous arrivons pour le set de Laurent Garnier et Bugge Wesseltof, nous assistons au dernier morceau du set, titre culte s'il en est puisqu'il s'agit du Sound of the Big Baboo. Garnier, en véritable chef d'orchestre, démontre tout son talent et toute la complicité qu'il entretient avec le norvégien, celui répondant au doigt et à l'oeil aux indications du maestro.

C'est au tour de Champion d'entrer en scène. La révélation de la dernière édition des transmusicales, Dj Champion aka Maxime Morin se comporte lui aussi en chef d'orchestre, autant avec ses guitaristes, les G-Strings, qu'avec le public qui se dandine sur leur musique house instrumentale faite de riffs groovy. Béatrice Bonifassi, la chanteuse des Triplettes de Belleville, enlace et délasse de sa voix envoûtante, complétant ainsi cet ensemble iconoclaste. Ce soir là, on était tous Champion !

Viennent ensuite les 4 prodiges de Birdy Nam Nam : depuis que nous les avions vu aux Trans, nous assistons, conquis, à une prestation beaucoup plus propre et carrée mais aussi plus percutante, plus énergique, s'affranchissant des "barrières" que certains peuvent dresser entre deux styles comme un graffeur s'approprie le panneau d'interdiction d'afficher : avec style et malice (du moins pour les plus habités). Energie rock ou souffle techno, esprit hip hop ou charme désuet de la pop, les quatre virtoses nous offrent un festival à eux tout seul. Le public ne s'y trompe pas et clâme avec toute la fougue contenue après une longue semaine de boulot / étude / glande / intense réflexion son amour du bruit maitrisé et des tournes disques nouvelle génération. Ces huit mains juxtaposées sont tout bonnement un cadeau du ciel.

Missill : la jeunde demoiselle adepte du mash-up délivre un set dans la droite lignée des précédents et de son album, le bien nommé Mash Up en convoquant ragga ou drum'n'bass, electro et perles 80's dans un joyeux bordel détonnant. La sauce prend plutot bien, le public s'amusant à reconnaitre ça et là les tubes cachés d'une adolescence égayée (entre autre) par le Top 50 de Marc Tosca. Pas toujours très fin, souvent rengaine mais diablement efficace pour la majorité du public, la Miss fait mouche.

Vient ensuite le tour d'Agoria, coqueluche des dancefloor à travers le monde, en transit par Nantes pour délivrer un set réellement convaincant (on retiendra entre autres quelques unes de ses productions ainsi que les F.U.D.G.E et Prime Time of Your Life de l'inévitable Para One) : un set grandiose et carré, percutant et frais, la renommée du lyonnais ne semble décidemment pas du tout usurpée ... si quelqu'un en doutait encore !

C'est donc sourire aux lèvres, le crâne dans le bon sens (nous semble t'il) que nous quittons la salle puis le site : chacun semble vouloir prolonger encore un peu plus la fête, danser encore tant que nos frêles guiboles peuvent nous porter, fermer les yeux pour mieux voir danser les basses de nos dj's fétiches. Déjà le soleil se lève, chaude journée de récupération en perspective. Bonheur en tranche de douze, merci à tous, ce fût grandiose.

par Yas
le 14/07/2006

Tags : | Scopitone

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