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Rockomotives

: Édition 2004



Notre compte rendu

Alors que la soirée du jeudi était l'occasion pour les spectateurs présent de découvrir Margo, d'écouter la révélation nordique Under Byen et d'assister au show de Nouvelle Vague, emmené par le producteur Marc Collin et la sémillante Camille, le festival débute pour nous le vendredi. Incontestablement la journée à ne pas manquer au vu de la programmation.

Cela débute dans le cadre de la Chapelle St Jacques avec le trio Cinélux dans une formation guitares, ordinateur, batterie et vidéos. On était plutôt circonspect à propos de leur productions, mais sur scène, leur arithmétique abstraite captivait les sens et engourdissait l'esprit entre beats programmés et atmosphères saturées, parasites electronica et textures noisy plus physiques.

Toujours sous la voûte St Jacques, les Cyann & Ben venaient donner une dimension supplémentaire aux compositions de leur album " Happy like an autumn tree ", jouant d'une sensibilité qui avait pu faire défaut aux précédents. Dans la première moitié du set, la jolie chanson " A moment nowhere " ne passait pas encore tout à fait… Qu'importe, le groupe gagna vite en puissance, ponctuant des mélodies touchantes et romantiques d'envolées énergiques, pour des moments irradiés de grâce. Le long final apaisé laissait le spectateur rêveur...

Ensuite, marche jusqu'à la salle du Minotaure. Là-bas, on remarque d'abord l'impeccable enchaînement de ballades pop/rock de The Married Monk, chaque récit étant systématiquement parachevé d'un solo du guitariste. Malgré la linéarité du set et des textes sans extrême fantaisie, il faut reconnaître la force mélodique de ces pop-songs assez imparables.

Suit TTC. Sacré contraste. Orgasmic débarque le premier, et assez rapidement, il place un breakcore qui fait monter d'un cran la pression dans la salle. "Même si / c'est la première fois que je viens / Une partie / De moi enfouie dans mon estomac s'en souvient" : Tekilatex, premier arrivé, est bientôt rejoint par ses camarades ; avec un certain humour, ils jouent les b-boys ambianceurs... Et cela séduit. "Le pire, c'est que tout est comme je l'avais imaginé" : comme on s'y attendait, les refrains de "(Je n'arrive pas à) Danser", "Dans Le Club", ou "Elémentaire" sont repris avec ferveur. Le plus drôle reste les tests de "Du sang sur le dancefloor", qui fait franchement sourire les jeunes filles, ou "Girlfriend", avec les mêmes qui se fendent d'une moue gentiment réprobatrice tandis que leurs mecs cadencent du bras les flows. Les beats tabassent, l'énergie est là. Quand "Pas d'armure" débute, Tekilatex se moque "Vous êtes des popeux hein ? Vous aimez ça la pop ?". Ils décodera ensuite le couplet de Dose One... Plus tard, le trio jouera aux mc's faster sur la version non-screwed de "Codéine", et confirmera dans des phases a capella une maitrise que tous ne leur accordent pas. Rendez-vous est donné au stand pour acheter le disque ("en jugeant qu'on mérité d'être riches", eh oui) et en after pour un set d'Orgasmic.

Encore un sérieux contraste : c'est Shannon Wright qui prend le relais. Mal au bras, malade, matos défectueux, ça commençait mal. Et pourtant, grimaçante, coléreuse, recroquevillée sur sa guitare... Elle assurait un set d'une assez rare intensité.

En dernier lieu venaient cinq Troublemakers, avec entre-autres Jeff Sharell (programmation), Dj Oil (platines) et Mister J. (flute-chant). En arrière-plan vidéo, le film "Express Way" était remplacé par un VJing sur le même univers. Le concert prenait une allure de jam session orgiaque, une débauche de grooves funk-soul inlassables où seuls quelques rares gimmicks correspondaient aux compositions de l'album, sans qu'on le regrette : généreuse, chaleureuse, l'écho de la musique des Troublemakers se mesurait ce soir-là au vu des sourires sur les visages, chez Oil le premier !

Pour les plus endurants, ils fallait courir au Centre Culturel pour profiter de la dernière demi-heure du set d'Orgasmic devant une petite cinquantaine de personnes (en comptant les TTC et les barmans !), dans une ambiance nettement plus clubbing, sur fond de " Turtle Trouble " (Para One) et de rap US nuancé de touches electro-tech. Ce fut Oil qui termina avec le goût qu'on lui connaît dans une atmosphère plus funkysante.

Le dimanche, le power punk enlevé que distribuait Sukoi Fever, à base de musiciens en costumes reprenant les Clash, chorégraphies excentriques, parodie de groupe US et de riffs pimpants, remportait un vif succès. Ils sont après un instant relayés par La Caution, et d'abord Fab seul, assez tendu, qui commence un speech "on est resté les mêmes, on gagne rien sur le marché hip-hop mais on prépare l'album pour janvier 2005" devant une salle silencieuse jusqu'à un bruyant "ta gueule" venu du premier rang. Cela promet. Fab qui dira avoir eu TTC au téléphone leur promettant une salle chaude. Mais le public n'est pas le même que le vendredi et les raps de Saphir le Joaillier, Nikkfurie et Hi-Tek, malgré leur relative assurance technique, recueillent les encouragement de quelques fans et l'enthousiasme tiède du reste du public. Dommage, d'autant plus que le teasing de quelques morceaux du futur opus "Peine de maure", sont réellement percutants : loop electronique bastonneuse, flows et textes aussi haut qu'à l'habitude et des refrains à reprendre en choeur.

Impardonnablement manqués : Ark, Rubin Steiner, Gravité Zero... Les Rockomotives, avec sa programmation ouverte (hip-hop, musiques électroniques) et enthousiasmante avait cette année peu à envier aux festivals estivaux. Pendant les congés de la Toussaint, aàprès d'une heure et demi de Paris, sans équivalents en région Centre, cette manifestation a tout pour séduire. On imagine déjà avec délices le line-up de l'année prochaine...

par Guillaume
le 15/11/2004

Tags : | Rockomotives

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