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I Love Jungle #4 (Craze, Adam F, etc.)

: @ Cabaret Sauvage - 04/03/2006



Notre compte rendu

Cette édition I love Jungle numéro 4 au Cabaret Sauvage était certainement plus osée que les précédentes. Osée et exceptionnelle par sa programmation dédiée à la DnB Hip Hop, puisqu'elle mettait en lumière les non moins exceptionnels Dj Craze et Adam F.
Le Liquid Funk n'était pas en reste cependant puisque Cyantific du très chouchouté label Hospital était présent. L'auteur de l'énorme Reincarnation Dub (HNS 78) a offert un set très agréable, pas excessivement original, mais bien construit avec un final très prenant sur le Gold Digger de Kayne West ; transition intelligente pour annonce l'ouverture du set de Craze.

Dj Craze

Il n'y aura pas photo Craze a certainement été le point fort de cette soirée.
Craze, ok, ok, joli nom mais il fait quoi et il a quoi de mieux ?
Pour commencer on peut déjà dire qu'il a la particularité de venir du monde du hip hop et plus précisément de sa région très confinée et hermétique : le turntablism. Gage de qualité ?
Oui et non, et je fais une petite parenthèse :
Le niveau de difficulté des Championnats DMC, ITF et autres est tellement élevé qu'une routine (performance technique) de 6 minutes requiert de 6 mois à 1 an de préparation. Autant dire qu'on a une image en demi-teinte de ces performers. Très calés techniquement ils sont capables de scratcher avec n'importe quelle partie de leur corps, ce sont des freaks du passe-passe, des métronomes sur pattes. Mais c'est aussi des types dont on dit qu'ils ont quatre disques chez eux et que leur culture musicale s'en ressent du coup.
Y'a tout de même un sacré fossé entre impressionner une foule avec une démo technique hyper léchée et faire danser une salle d'enragés qui ne sont là que pour ressentir les beats et les lignes de basses, et se laisser enflammer pendant toute une nuit.
Et alors Craze dans tout ça ?
Ben il tire carrément bien son épingle du jeu. Il a su prendre le meilleur du turntablism pour enrichir son Dj set. Les gens voulaient de l'originalité et du festif, peu doivent être déçus.
Un jeu incisif et élégant, où sont tombés les breaks à outrance, Ready Or Not version des Fugees ou Ring the Alarm hyper pitché rien ne l'a arrêté pour conserver l'énergie de son set.
Il a bien appréhendé le monde de la DnB et son choix de vinyls a été judicieux, ce sont les sons du moment - moué vous me voyez v'nir j'ai pas l'air d'être aussi enthousiaste que je le prétends là. C'est vrai même si son set de façon objective a particulièrement bien fonctionné - ça dansait et ça pogotait autour de moi -, j'aurais aimé plus d'originalité encore, mais c'est un problème qui est plus inhérent à la DnB qu'aux performers eux-mêmes ; pas toujours facile de trouver son compte avec les galettes d'aujourd'hui, surtout quand on a été bercé par la Jungle Old Skool.
Quoiqu'il en soit Craze est peut être l'image qu'on voudra avoir du nouveau performer sur scène : un mec qui ne se contentera plus de mixer ou de faire du pousse-disque pour parler de façon péjorative ; il règnera en maître sur ses platines et rien ou presque ne lui échappera. A côté de cela c'est le Dj qui recourra aux nouvelles technologies lui facilitant la vie (un Final Scratch pour Craze) mais on aura du mal à le traiter de tricheur, tout au plus flemmard parce qu'il veut pas porter son bac de disques comme à l'ancienne ;)

Adam F

Adam F les connaisseurs l'attendaient au tournant. Ce génie de l'infrabasse, qui s'est fait connaître d'abord dans le milieu des années 90 avec une très belle production jungle Liquid avant l'heure, avait deux ou trois choses à prouver même s'il n'en n'était pas à sa première scène française. Ce Dj a connu ses plus grandes heures de gloire lorsqu'il s'est lancé dans la prod d'EPs énormes en collaboration avec Lil'Mo, M.O.P, Redman (rien que ça) et bien d'autres encore, anthems de l'électro Gangsta-Rap aux sons ultra-Fats dont les junglists connaîtront certainement les remixs DnB furieux.
Mais alors qu'allait-il jouer ce soir là?
Avec Craze qui le précédait, je m'attendais plus à trouver la facette du Dj Gangsta Bass - notez ce fabuleux néologisme du chroniqueur tire-au-flanc -, surtout que pour l'accompagner sur scène nous avions droit à Mc Dynamite, oui rien que ça ! Au final je n'ai pas eu ce que j'espérais, le set était bon, mais j'ai longtemps attendu l'incendie volontaire avant finalement d'abandonner en cours de route et de rentrer bredouille. Sans avoir la larme à l'œil, j'ai regretté que l'ouverture de son mix ne se fasse pas sur l'énorme Stand Clear des M.O.P (Matrix&Fierce Rmx ou encore mieux le Origin Unknown Rmx) ou de son Smash Sumthin' (Roni Size Rmx), certes des vieux sons, mais tellement identifiables et notoirement différents de la masse des prods DnB qu'ils sont toujours les bienvenus.

Une conclusion pour conclure ? En quelques mots alors. Une très bonne soirée qui a dû emballer un paquet de monde et laisser de bons souvenirs à la majorité des clubbers présents. Un poil décevante tout de même déjà parce qu'hélas ce coup-ci en warm-up il n'y avait pas Volta - qui avait offert un set incendiaire lors de l'édition précédente -, puis ensuite parce que les sons des têtes d'affiche étaient trop linéaires (voir identiques parfois) pour qu'on puisse vraiment ressentir tout le potentiel et l'originalité de ces stars. Et oui je suis tout seul à le dire, mais j'm'en fous et je le maintiens le son était trop fort, les amplis crachaient ce qui n'était pas agréable à l'écoute.

par Pikachu
le 08/03/2006

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