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The Delano Orchestra

: Interview avec The Delano Orchestra



Avec leur quatrième album fraîchement sorti, le groupe clermontois The Delano Orchestra arpente toujours ce chemin qui lui est propre : une musique entre rock indé et folk, un univers mélancolique, propice à la rêverie qui ne s'effraie pas d'une pointe de légèreté et d'ironie, le tout sublimé par un constant souci de recherche artistique.

Cette recherche, c'est ce qui respire au cœur du projet The Escape. Projet révélé au public le 20 décembre au Théâtre de la Ville à Paris et qui n'est rien d'autre qu'un véritable concert-total aux ambitions wagnériennes, avec une première partie instrumentale mêlée à la vidéo, un passage avec une troupe de danseurs, et une seconde partie interprétant en avant-première le dernier album sans changer l'ordre des chansons. Ce qui a été ainsi présenté aux spectateurs de cette soirée, c'est un concentré d'émotions autant visuelles qu'auditives. Quelques heures avant cette expérience musicale, le chanteur de The Delano Orchestra, Alexandre Rochon, a accepté de nous prêter quelques minutes bien précieuses dans ce temps de préparation pour répondre à quelques-unes de nos questions. Dès les premiers instants, sa voix très douce, posée évoque irrésistiblement l'univers de son groupe, et on comprend à quel point ce style doit lui apparaître comme une évidence.

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Voici votre quatrième album depuis 2005. Les trois premiers sont sortis de manière très resserrée alors qu'un espace de deux ans sépare le troisième et le quatrième album. Y a-t-il une raison à cet espacement ?

En fait, il y a eu un espacement avant tout pour la sortie. Il a été enregistré en février 2012, mais il y a eu quasiment un an entre l'enregistrement et la sortie. C'est lié au label.

Cet album n'introduit pas de rupture dans votre discographie, même si le son est plus rock que les précédents. On retrouve l'alternance entre une musique rock et des titres plus folk et pop. Et en effet, il s'agit moins d'un mélange que d'une alternance. Comment pouvez-vous expliquer cette dualité assez récurrente ?

Il y a sans doute plein d'influences différentes et plein d'échelles différentes. Mais finalement, j'ai l'impression que, dans chaque morceau, il y a des sonorités qui se lient. Alors, cela peut-être lié au fait que nous sommes quand même un groupe, avec des instrumentistes qui sont toujours les mêmes, et un violoncelliste et un trompettiste qui jouent très souvent. Mais je ne me dis pas « on va faire un morceau rock et après un morceau plus calme ». Ce sont des compositions et après on essaie de les arranger avec ce qui leur correspond le mieux.

On retrouve néanmoins cette dualité aussi au niveau de votre palette d'instruments puisque vous avez autant des instruments électriques qu'acoustiques. On a l'impression que pour le dernier album vous avez fait le choix de mettre les instruments électriques en avant ?

Oui, c'est un peu lié au fait qu'on a pu enregistrer dans un studio qui était très agréable. C'était chez Peter Deimel, au studio « Black Box » à Angers. Et en fait on a eu un vrai son guitare aussi donc on a pu l'exploiter. Mais les compositions étaient déjà là. C'était des morceaux avec plus de guitares c'est certain. Mais en plus elles sont jolies, donc on les a plus mises en avant. Peter Deimel a aussi influencé cette mise en avant.

Le troisième album avait été enregistré très vite. Est-ce aussi le cas de EITSOYAM ?

Le troisième album avait été enregistré en une seule prise. L'ingénieur du son avait appuyé sur « play » et après « stop ». Et après, il y avait du mix. Il y a eu une journée de prises car on en a fait quatre et on a pris celle qu'on préférait, c'était la troisième je crois. Et cette fois-ci, on a enregistré sur bande, c'était à peu près les mêmes contraintes, sauf qu'une bande dure vingt minutes. On a enregistré très vite aussi. On faisait une prise de vingt minutes avec trois morceaux et après on choisissait s'il y avait de bonnes versions ou non. C'était un peu le même principe finalement. C'est enregistré en live totalement. Il y a des voix qui sont prises en live aussi.

Peux-tu m'expliquer le titre de l'album ?

Ce sont les initiales d'une phrase. Je n'ai pas envie de dire laquelle. Ce n'est pas que cela me gène, c'est juste pour garder quelque chose. Je peux juste dire un mot « Everything »

The Delano Orchestra

Comment sont composés les titres de cet album ?

Je compose les chansons, j'arrive avec les morceaux plus ou moins complets. Après, ça dépend des morceaux. Par exemple, il y a des morceaux comme See Water un morceau du troisième album où j'avais tout enregistré, les boites à rythmes et les deuxièmes guitares. On n'a eu qu'à reproduire cet enregistrement. C'est le cas pour Girls dans cet album. J'ai vraiment tout fait et on se retrouve avec un morceau qui correspond vraiment à ce qu'était la maquette. Mais il y a des morceaux qui évoluent avec le groupe. Par exemple Lind Games, qui a changé spontanément en résonance avec le groupe.

Tu parles du morceau Girls. Cette chanson est étonnante car l'atmosphère de vos albums est souvent calme, et même mélancolique. On a ici un morceau pop et même léger. Peux-tu parler en particulier de ce titre et de ce décalage avec les autres ?

En fait j'ai l'impression que dans tous les albums qu'on a fait il y a des morceaux plus pop, plus ironiques. Dans le troisième il y a Modest Life, qui est électrique mais aussi hyper ironique, et léger. Mais sinon je n'arrive pas forcément à sentir tout ça. Même si je comprends qu'on puisse se dire ça à l'écoute.

Une question par rapport à ton label Kütu Folk, puisque tu es un des membres fondateurs. Il y a dans ce label plusieurs groupes clermontois. Est-ce que les groupes se rencontrent lors de l'élaboration de leur album ? Par exemple, j'ai trouvé que November est très proche du son de Kim Novak, un groupe non-clermontois que vous signez aussi.

Ça dépend des périodes. Au début, c'était le cas. Maintenant plus du tout. Çà dépendait aussi des albums. On demandait des conseils, etc. Pour cet album, cela ne s'est pas fait. J'ai écouté Kim Novak en trouvant leur EP hyper chouette. Je l'ai proposé et ça s'est trouvé qu'on a signé l'album. J'aime leur musique, il y a des influences qui sont communes et il y a des rapprochements qui peuvent être faits. De toute façon, le style et la direction artistique du label est sur un panel de musiques qui ont des liens et le but est de tisser des liens entre toutes ses musiques-là et d'avoir une vision très large de ce que peut être le songwriting.

The Delano Orchestra

Le concert de ce soir est plus qu'un concert, puisqu'il y a une partie instrumentale et une partie avec danseurs. Est-ce une configuration unique ou sera-t-elle reproduite pour d'autres concerts ?

Cela sera variable selon les concerts. Ce soir, c'est vraiment une création. C'est un concert avec les cordes. A la base, c'était l'envie de faire un album instrumental qui s'appelle MVAT. Il est déjà enregistré mais je ne connais pas encore sa date de sortie. The Escape est le nom pour la totalité du projet [ MVAT et EITSOYAM ]. On présente MVAT en première partie et on le vendra aussi après le concert. L'album est prêt.

Peux-tu parler plus précisément de ce concert de ce soir, dont la composition est donc un peu particulière avec ce mélange de musique instrumentale, de musique chantée, de vidéo... ?

Pour moi, ce n'est pas un concert de Delano uniquement pour la seconde partie, c'est un concert de Delano tout le temps. L'album qui est complètement instrumental est pleinement Delano et c'est ce que j'ai toujours voulu explorer aussi. De la musique pour lire, pour rêver, pour imaginer, pour écrire aussi, de la musique contemplative comme les images que je filme le sont souvent aussi. Avec ce projet instrumental, on est en plein dedans et c'est ce qui m'intéresse particulièrement.

En effet, au niveau de la position de l'auditeur, on est très proche de l'univers de Evening Hymns ?

C'est vrai que l'album de Evening Hymns est vraiment magnifique, très profond, contemplatif. Avec une écoute qui se prolonge, on n'est pas dans une écoute de single, une écoute vraiment intérieure. C'est quelque chose que j'avais vraiment envie de faire et que j'exprimais aussi. C'est cette même volonté de capter des sensations.

Peux-tu définir votre musique en trois mots ?

Je dirais que c'est une musique sensible, sensorielle et amoureuse.

Est-ce que tu peux me faire ton top 2012 ?

Evening Hymns, The Raveonettes, The XX, Beach House.




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