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The Dagons

: Reverse



sortie : 2008
label : Griptape Records
style : Rock

Tracklist :
01/ It Flies Out
02/ Not Enough
03/ In Gingham
04/ How to Get through the Glass
05/ Scylla
06/ Helium
07/ Fifth One
08/ Reverse
09/ Planchettes Half-Apes
10/ Panic in the Snake House
11/ Pinafore

Reverse est le genre de bonne surprise dont le rock indépendant américain nous gratifie de temps à autre. Quatrième album d’un duo féminin plutôt inconnu sous nos latitudes, ce disque a été enregistré en parfaite autarcie, et ne repose donc que sur les seuls talents de Karie Jacobson (chant, guitare) et Drew Kowalski (batterie, sitar (!), bidouillages électroniques).

Pourtant, loin de sentir le renfermé ou de souffrir des carences artistiques généralement observées sur les disques prônant l’économie de moyens, Reverse déploie des trésors d’inventivité, et travaille les nuances de manière plutôt étonnante compte tenu du cadre minimaliste dans lequel il évolue. Ainsi, entre deux pépites de pop garage (It Flies Out, Planchettes Half-Apes ou le morceau-titre, énervés et irrésistibles), The Dagons pratiquent avec bonheur l’art délicat de la rupture de ton, qui peut prendre la forme d’une charmante miniature au parfum sixties (Pinafore), d’un instrumental bruitiste chauffé à blanc (Panic in the Snake House) ou d’un morceau psychotrope au calme perturbant (Helium).

De la même manière, les influences que l’on croit déceler à l’écoute de cet album se situent dans un spectre très large, allant de l’indie-pop faussement ingénue de Belly (How to Get through the Glass) au fracas arty à base de guitares trafiquées tel que le pratique Sonic Youth (Scylla) avec, en guise de point d’équilibre entre ces deux groupes a priori dissemblables, la tension inquiète de Blonde Redhead.

Ceci étant, Reverse n’a rien d’un catalogue de références éparses, bien au contraire :  en dehors du groupe d’Amedeo Pace cité à l’instant, et qui fait l’objet d’un morceau (The Fifth One) ayant toutes les apparences d’un authentique hommage (voix plaintive, attaques de guitare, mélancolie corrosive : tout y est), le jeu des influences ne fonctionne ici que par allusions subtiles, souvent portées par la voix de Karie Jacobson, plus versatile qu’il n’y paraît de prime abord.

Car c’est bien là le tour de force de cet album : en dépit de sa brièveté (onze titres expédiés en 26 minutes – une concision presque punk que l’on ne peut que saluer) et de son aspect extérieur plutôt rugueux et peu engageant (la production est volontairement brouillonne, voire franchement hirsute), il parvient à mettre en évidence la personnalité musicale assez contrastée des Dagons. Mieux encore, il séduit dès la première écoute, sur la foi d’une poignée de morceaux solidement charpentés, et d’une conviction jamais prise en défaut.

Et s’il ne s’agit certes pas d’un album qui fera date dans l’histoire du rock, fut-il indépendant, Reverse n’en reste pas moins un drôle de petit disque, qui entre par la petite porte, se choisit un coin tranquille, et s’y installe sans même que l’on y prête attention. Pas sûr qu’on ait envie de l’en déloger.



Chroniqué par Bigmouth
le 13/05/2008

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