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Avec le retour du port des tennis blanches, laisser paraître un disque tel que Sexuality de Sebastien Tellier est une des preuves les plus probantes de ce retour annoncé aux années 1980 d’une société qui n’arrête pas de se chercher des parentés lointaines tant son quotidien est morne.
Dès l’introduction, nous y sommes : Biarritz et le soleil, poitrines que l’on suppose nues et dorées, pantalon blanc, bref : clichés et guimauve partout. Plus tard dans la soirée, parmi un tas de jeunes infâmes venus claquer leur argent de poche en dance hall réputé chic, entendre quelques-uns des refrains minuscules qui font Sexuality. Et là, le jugement est implacable, tellement évident : Sebastien Tellier a écrit la bande son idéale à ta vie de merde. Cocktails sans alcool au bord des lèvres, des parvenus fluo-pisse s’entretiennent de l’ouvrage, forcément incroyable : « tu comprends, tout est là : les références et la désinvolture. Ce disque, putain, c’est des synthés d’un autre âge dans le monde des Bee Gees, un beat dévastateur qui te booste du Christophe. Et aussi… Et aussi l’ironie, quand même… Faut le faire, le second degré qu’il a… »
Or, ce disque, putain, donne aussi envie d’aller réécouter un ancien 45 tours d’Alain Delon histoire de se dire que la musique d’hier c’était quand même autre chose, ou d’aller télécharger l’Oxygen de Jean-Michel Jarre pour se convaincre que tout y était avant l’heure. Mais avant l’heure de quoi ? Eh bien, de ta vie de merde, justement : époque à laquelle se pavanent sur pistes de danse les plus beaux spécimens d’illettrés : hier encore exclue du champ des villes sous prétexte d’avoir gagné le statut de poufiasse de Cassis, la décérébrée a désormais son mot à dire ; hier encore consigné à demeure pour être incapable de ne pas perdre la face en société, le parvenu ose maintenant la sortie nocturne pour retrouver ses semblables.
Alors, les voici se frottant les strass sur une porn-music minimaliste, osant la danse second degré sur une chanson qui, dit-on, atteindrait le troisième quand elle est plutôt d’un terre à terre abrutissant. A deux pas de là, une soirée d’élèves ingénieurs passe la même musique, au même moment. C’est que le disque toc aujourd’hui s’arrache, les automatismes désormais commandés ont conseillé l’achat – préférer ici quand même Colette aux grandes surfaces. Et parce que sur ta vie, même de merde, tu n’as pas la moindre influence.
Chroniqué par Grislile 13/02/2008 + Imprimer cet article + Envoyer à un ami |
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Commentaires sur le disque : nombre de commentaires des visiteurs : (7) + Ajouter un commentaire + Lire tous les commentaires
on croit rever : le 12/05/2008 par Garf Rarement vu une critique aussi violente. Sexuality peut sembler assez neutre à sa première écoute. Mais après 4-5 écoutes, on s'attache énormément à l'ambiance du disque. Certes il y a un usage peut être un peu exagéré des "boucles", mais c'est un vrai disque. Un vrai beau disque. Pas un mp3, pas un single, pas un 45 tours... un véritable album, inspiré, cohérent dans son "tout", dont les morceaux... Lire la suite
OK : le 17/03/2008 par Djulz92 Plutôt que les états d'âme d'un chroniqueur, une véritable chronique, positive ou négative, aurait peut-être été plus intéressante mais celle-ci est finalement à l'image de l'album: nul sur la première impression et attachant au final.
Le statut de "génie" de Tellier est certes discutable mais sa discographie on ne peut plus variée mérite qu'on s'y intéresse: l'Incroyable... Lire la suite
Bravo! : le 21/02/2008 par Edes Je sais pas pour vous, mais moi ca me donne envie d'écouter l'album pour voir s'il mérite d'être jugé si sévèrement. Bien plus qu'une critique avec 10 occurrences du mot "génie"
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Label(s) :
Record Makers Style : Electro pop / Truffe périgourdine
Achetez Sexuality
Titres :
01/ Roche
02/ Kilometer
03/ Look
04/ Divine
05/ Pomme
06/ Une Heure
07/ Sexual Sportswear
08/ Elle
09/ Fingers Of Steel
10/ Manty
11/ L’amour et la Violence
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