On peut se demander comment des personnalités qui jouent aux schizophrènes procèdent à l’élection de tel ou tel pseudonyme pour une de leur sortie phonographique. Alors, comment décide-t-il de son identité, le grand manitou de la "braindance", aka
Richard D James, aka
Aphex Twin ? On s’en pose des questions ! Bref, là n’est point le sujet. C’est encore sous
AFX, son plus vieil alias, avec lequel il a produit la série d’EPs
Analord l’année dernière, qu’il sort désormais
Chosen Lords. Décidément, cette idée de choix semble le satisfaire, puisque ce nouvel opus n’est autre qu’une sélection du bonhomme parmi la quarantaine de titres issus des
Analord.
Bon, c’est vrai, il y a de quoi être déçu. On se voyait déjà découvrir une nouvelle texture sonore extatique ou un beat grinçant inédit tout droit sorti de sa drum machine Roland. On attendra encore un peu pour ça. Réjouissons-nous plutôt de retrouver la prodigieuse et mirobolante qualité des compositions du plus grand lord de l’électro.
Dans le même esprit que
Selected Ambiant Works 85-92,
Chosen Lords nous éblouit par le scintillement langoureux de la synergie acide/ambiant. L’effet de micro-rythmes très rapides, estampille du maître, nous fait bondir et rebondir frénétiquement dès les premiers titres
Fenix Funk et
Reunion. Puis, cliquetis, bidouillages, ritournelles, manipulations vocales, superpositions, nappes synthétiques édifiantes…nous subjuguent tout au long de notre écoute. Voilà pourquoi, malgré le manque d’hardiesse de cet album, on ne peut s’empêcher d’esquisser un sourire pantois. Parce que c’est tout simplement la quintessence de l’architecture sonore « Twinesque » que
Chosen Lords restitue avec dextérité.