Fidèle à sa réputation de dénicheur de talents, le festival des Transmusicales de Rennes offrait cette année encore un concentré de découverte. Je décidais donc de m’y rendre pour la première fois, histoire de voir de mes propres oreilles ce que cet évènement avait de si particulier. Emploi du temps oblige, je n’ai pu profiter que de la dernière séance, le samedi soir.
Après quelques verres et un trajet en bus inconfortable mais vraiment drôle, nous voilà débarqués aux abords du Parc Expo. L’ambiance du site est exceptionnelle. L’atmosphère industrielle que dégagent les immenses halls fait résonner les beats crachés par l’excellente sonorisation. Pressé d’arriver dans le hall # 9 par peur de rater le début du show de
Modeselektor je ne m’attarde pas longtemps dans les allées, me faufilant à travers les hordes de Bretons. Jeunes et moins jeunes semblent faire de même. Le son de
Don Rimini qui s’échappe du hangar donne l’impression d’une salle surchauffée. Surprise en entrant, très peu de monde s’est massé devant la scène.

Quelques instants de bonne musique plus tard, les deux Allemands arrivent sur scène, après quelques secondes de blanc seulement. S’en suivra un live parfaitement maîtrisé, captivant, où le temps passe tellement vite qu’il semble avoir été accéléré par une force inconnue. Je dois avouer mon dégoût pour
TTC. Pourtant
Modeselektor parvient à rendre les deux featurings audibles. À voir les énervés qui m’entourent, je dois être le seul à ne pas vraiment apprécier. On applaudit très fort, on en redemande tous mais la fin se fait sentir et les phénomènes de
BPitch Control s’éclipsent.

"Eh man, turn those fucking lights off !" Un gros bonhomme s’installe sur les devants de la scène et s’en prend aux régisseurs façon starlette. On va voir ce que ça donne. "Ce gars-là s’appelle
Dan Deacon." Un son débile et même pas marrant à mon goût. Il est temps de manger quelque chose.
Après un repas hautement gastronomique, on décide de digérer sur un set de
Simian Mobile Disco. Leur mix commence comme leur album par un
Sleep Deprivation captivant. Chaque morceau fait son effet, sans toutefois être révolutionnaire. C’est simple, ça bouge et on aime. Pas besoin de bouger en revanche pour découvrir le jeune
Boys Noize. Le gars se pointe sobrement après que le duo anglais nous ait épuisés. Aucun souci, il a concocté une recette de techno toute fraîche et pas très délicate… La scène allemande, tout simplement. "Dance, dance, dance…" On fait que ça depuis une heure et demi, les bras en l’air et les jambes en compote. Le set est très long, trop long presque mais impossible de partir avant la fin. Lessivés, on erre dans les halls, histoire de trouver quelque chose qui nous plaît, mais en vain.

On fait un rapide saut devant
Flying Lotus, on décide de rentrer. Pas de Teknival pour nous, les copains nous attendent pour terminer la crémaillère. Enfin, on n’a pas besoin d’excuses pour éviter de labourer un champ sur du boum boum interminable.