Et de trois pour
Special Friend, groupe fort sympathique constitué de la batteuse américaine
Erica Ashleson et du guitariste français
Guillaume Siracusa que l'on suit depuis leur tout premier album. Le duo continue ici d'entrelacer ses instruments et ses vocalises autour de motifs mélodiques simples mais jamais simplistes, dans une économie de moyens évoquant la crème de la crème du pop-rock indé cher à notre cœur, de
Yo La Tengo à
The Bats en passant par les formations compilées dans la cultissime cassette C86 du magazine New Musical Express dont on fête cette année les quarante ans. Initialement lo-fi dans son approche sonore,
Special Friend a cette fois-ci décidé de mettre les petits plats dans les grands en soignant particulièrement l'écriture, l'enregistrement puis le mixage de cet album, confié à un certain
Syd Kemp (
Vanishing Twin,
Ulrika Spacek,
Thurston Moore..).
Certes
Clipping est plus produit, plus "mainstream", mais c'est afin de mieux affirmer l'identité musicale d'un groupe qui a toujours préféré la douceur qui caresse à la violence qui brutalise, quand bien même certains morceaux sortent les griffes cachées sous les coussinets (
Mustard).
Special Friend fait ce que l'on pourrait nommer du "twee-rock" (
Breakfast), l'énergie et l'électricité propres au genre sont ici contenues dans un écrin solaire et réconfortant qui gomme les ratures et arrondit les angles. De son ouverture
Paints A Picture, clin d'œil lointain au
Teenage Riot de
Sonic Youth, jusqu'à son envolée motorik finale
OOO,
Clipping ouvre par ailleurs de nouvelles pistes pour l'avenir du groupe, notamment sur
Mold qui ralentit le tempo en mode slowcore, ou encore sur
Isolation qui sort la guitare sèche pour une superbe promenade folk. Entre
Special Friend et nous, l'amitié s'est encore renforcée, et il est clair qu'elle va durer.
Chroniqué par
Romain
le 21/03/2026