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Stephan Mathieu

: On Tape



sortie : 2004
label : Häpna
style : Musiques improvisées

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Tracklist :
01/ On Tape

L’honnêteté doit me faire admettre qu'il m'arrive parfois de proclamer de ces choses, essentielles, du genre « Je pense avoir définitivement fait le tour de l’improvisation instrumentale allemande.» Or, au moment où je décide « N’y revenons plus », voilà qu’il m’est donné d’entendre On tape, de Stephan Mathieu (Von Saarbrücken).

Batteur de formation, Stephan Mathieu s’intéresse à l’électronique de façon presque exclusive depuis la fin des années 90. Or, en travaillant à la construction d’un instrumental à partir de bandes que lui a soumises le saxophoniste Magnus Granberg, il décide d’enrôler ce dernier, pour qu’ils complètent ensemble l'ébauche en question devant le public du Fylkingen de Stockholm, le 21 février 2004.

Voilà l’histoire d’On tape, séquence électronique sur laquelle viendront se greffer bribes de rythmes et plaintes de saxophone. Du côté de la programmation, enregistrements de voix d’enfants, d’une mouche tapant au carreau, de chants d’oiseaux ou d’effets du vent se succèdent. Le fond sonore, au volume constant d’un bout à l’autre de la séquence, reproduira la prise d’un seul instrument, en fin de partie, celle d’un xylophone, duquel on aura retouché les notes.

Quant à l’improvisation, voici : le jeu de batterie de Stephan Mathieu est impeccable. Répondant aux nappes aiguës de saxophone par des touches légères - aux balais d’abord, aux baguettes ensuite. Sa présence discrète défend la profondeur et les résonances permises par son instrument, qui évoquent bientôt un sage Milford Graves.

Quant aux nappes (dé)posées par le saxophone de Granberg, elles passent d’un traitement naturel à un autre, réfléchi, nécessitant l'intervention de samplers et chorus. Différentes prises de l’instrument s’enlacent, imposent leurs effets circulaires et répondent ainsi à la ligne imposée par la programmation. Tout cela sur un mode suave, délicat, sans excès.

Sur toute la durée de l’enregistrement, Stephan Mathieu et Magnus Granberg en rajoutent. Chacun à sa façon, certes, mais tous deux sans jamais trop en mettre. Un éloge de la retenue, et du suivi d’un parti pris : celui qui veut qu'improviser sur une programmation définie n’impose pas forcément qu’on la recouvre, au final, par le bruit du spectacle.


Chroniqué par Grisli
le 10/01/2005

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