Disque détestable au possible,
O soundtrack my heart de
Pivot prouve par l'absurde que
Warp est un grand label, de par son aura historique et sa capacité à promouvoir des groupes importants dont le dernier en date reste
Battles.
Pillant par opportunisme ou tout simplement par manque d'idées tout ce qui est à la mode ces derniers temps,
O soundtrack my heart est une bouillie indigeste et surproduite. Claviers dignes du générique de K2000, boîte à batterie réverbérée jusqu'à l'abêtissement, ligne de guitares qui n'ont de math-rock que ce qu'elles doivent à leurs inventeurs (
Don caballero, puis
Battles, donc), electro contemplative certes, mais de sa propre vacuité.
Dans ce concert d'insultes faites à l'oreille humaine, on trouvera de tout. Le post-modernisme de
In the blood qui fait entendre le click qui sert à donner le tempo en introduction, interrogation bien terne du medium électronique et, surtout, présage manifeste de la platitude du morceau, que ne dérangeront qu'à peine les accents no-wave d'une guitare qui peine à faire du bruit — autant dire qu'elle peine à jouir. Les facéties épiques de l'éponyme
O soundtrack my heart qui, après avoir hésité entre des synthétiseurs à la Vangelis et les saturations d'une basse qui veut faire malpropre, s'attarde sur un tempo qui lasse, lasse, hélas. L'avant-rockisme de
Sing you sinners qui, récitant bien le petit
Battles illustré (du riff un peu complexe aux voix sous effets en passant par les mains qui claquent, tout y est) ferait mieux de se demander quand il va enfin commencer. La glitchologie de
Epsilon qui donne le temps à la guitare de découvrir les joies des possibilités ouvertes pas l'usage inconsidéré de la pédale de volume (trois minutes à ce rythme, c'est long, très long) avant de sombrer dans une improbable chansonnette binaire (d'abord, pendant la première minute trente, avant qu'on ait la bonne idée de varier un peu) hantée par quelques fantômes vocaux qui n'effraient personne. L'ambient de
My heart like marching band dont l'atmosphère éthérée en fin de disque est certes de bon ton, mais passablement convenue.
Un album varié, en somme, mais qui ne parvient pas à faire varier l'ennui que provoque son écoute. À oublier, mais vite.