La mondialisation – n’en déplaise à la France et à ses révolutionnaires endimanchés — a déjà eu lieu. Et derechef, en musique. Non pas la mondialisation du marché, mais celle des formes, qui assure leur circulation et la possibilité de leurs multiples (ré-) appropriations. C'est ce que grave encore une fois
Him — emmené par Doug Scharin et Adam Pierce, qui ont déjà collaboré au sein de
Mice Parade — avec
Peoples sur disque.
On répugnera à parler de métissage tant ce disque — et ses indispensables prédécesseurs — apparaît comme son autre. Si des couleurs étrangères se recontrent effectivement, elles ne s'expriment pas à la morne façon d'une "world music" asceptisée. Au contraire, les styles / genres / couleurs forment ici un front commun dans cet agencement de musiques traditionnelles, de jazz, de post-rock, d'afro-beat et de dub. L'autre du métissage donc, parce qu'aucune de ces couleurs n'est digérée au profit d'une autre qu'il s'agirait de mettre en avant (comme la musique de variété dans la "world music").
Si ça commence par une musique qui ne pourra pas ne pas rappeler
Obrigado Saudade de
Mice Parade, tant dans l'atmosphère que dans l'usage de ces microriffs, qu'un titre comme
Mystery Brethren a porté à son paroxysme (
This we know et
Robber's knot), simultanément des différences se font sentir. Différences qui trouveront à s'exprimer pleinement dans ces transitions entre dub et post-rock que fait entendre
How you buy fire. Juste avant — à un intermède ethnique près —
In these times. Morceau de bravoure afro-beat, certes. Mais bien plus que ça encore : véritable déferlante d'idées, de transitions, de ruptures intégrées à un ryhtme frénétique. Hymne enfin à une danse qui n'aurait pas besoin de "dancefloor" pour être activée, mais qui se pourrait improviser — c'est que l'on veut y entendre — dans le temps même que la musique joue, comme la réponse de corps à ce qui soudain anime.
Ensuite n'est bon que le silence ou sa métaphore (
The silent life).