Peu après le déménagement de ses locaux, le VIP, la salle de musiques actuelles de Saint-Nazaire (44) soignait sa programmation électronique, invitant
The Cinematic Orhestra,
Dockhandeme et
Uzul Prod. Peu de monde au rendez-vous, malgré la présence du Cinematic en tête d'affiche. Les prodiges de l'électro-jazz, n'effectuant que trois dates en France, le public a sagement apprécié sa chance.
Dockhandeme ouvrait la soirée. Ce nouveau projet français réunit
Sir Jean et
DJ Kostia, ex-membres de
Meï Teï Shô, accompagnés de
Dj Cherif et de
Nico Delaunay. La prestation ne mérite pas vraiment que l'on s'y attarde. Les morceaux ne semblent pas vraiment en place et donnent au concert un aspect amateur, qui caractérise parfois les premières parties, mais rarement le
Meï Teï Shô. Doit faire ses preuves!
L'arrivée du
Cinematic Orchestra se faisait attendre. Les musiciens se mettent en place tranquillement. Les premières notes de
Ma Fleur peuvent enfin être libérées en live. Le groupe n'oublie pas non plus ses succès et reprendra quelques-uns des tracks d'
Every day et de
Man with a movie camera. Ceux qui avaient écouté le single de
Ma Fleur s'impatientaient simplement de ne pas entendre de chant.
Fontella Bass est-elle en coulisse? Cet inconnu dénommé
Patrick Watson se produira-t-il sur scène? Réponse immédiate avec l'entrée du nouveau chanteur adopté par le Cinematic. Le jeune homme s'adapte parfaitement à la musique et délivre une prestation remarquable. Il reprendra d'ailleurs certains titres à l'origine chantés par
Fontella Bass. A côté,
Tom Chant régale le public par ses solos de saxophone sopranos dont il a le secret. Cet homme est un magicien dôté d'une humilité déconcertante.
Pour terminer,
Patrick Watson entamera au piano
To build a home, titre d'ouverture du dernier album. Discrètement accompagné de la contrebasse, le jeune homme aura sans doute ému le public par sa voix délicate et aigüe.
A bien y réfléchir, on se dit que le meilleur endroit pour écouter
The Cinematic Orchestra serait une salle de théâtre contemporaine, avec des sièges confortables et une bonne accoustique. L'ambiance portuaire du site tranchait avec l'univers poétique et « cosy » du groupe. Admirer l'éclosion de la plus jolie des fleurs en live relevait du privilège.
Pas facile pour
Uzul Prod d'enchaîner. La soirée se terminera tranquillement sur les notes ethno-dub du nouveau projet de
Kaly Live Dub et de
Picore.
Travelling without moving est plus convaincant avec un bon casque sur les oreilles que sur une scène.