Sachant que va bientôt sortir chez Tesco son prochain album
Hiver Mental, cette parution est assez inattendue. En fait, il s’agit de compositions inédites réalisées pour le théâtre, pour des installations ou encore des documentaires/podcasts. Editée par le label japonais SSSM (dirigé par
Hiroshi Hashimoto, alias
Contagious Orgasm), cette cassette (également disponible sur Bandcamp
à cette adresse) propose de faire connaître d’autres champs de travail du projet de
Saphi, privilégiant ici des plages plus ambiancées.
Suburi est introduit par un gong ample et magnétique, un violon joué pizzicato par
Cécile F. (sa partenaire au sein de
Nocturne) et des chœurs dans le lointain. Onirique et atmosphérique, ce morceau ouvre on ne peut mieux cet opus. Développé par une mélopée de piano bancale mais au relief intéressant,
Ombre Nocturne se meut ensuite en une pulsation rêche sous le bitume froid de nos villes modernes. Les vocaux sont comme toujours déclamés de manière impassible et désincarnée.
Les Bruits du Monde comportent des éléments épars, qui semblent s’entrechoquer, le tout avec un rendu tellurique mais également assez planant.
Song for Amaryllis s’ouvre par une boucle de piano de
Chopin, et c’est un songe qui se farde de vents hostiles qui ensuite viennent envelopper le piano.
Ville de Nuit invite encore à la méditation, des drones denses dessinent un paysage brumeux. Une certaine hostilité est palpable, un étrange sentiment d’aliénation post-industrielle émerge.
Avec
Soudain, ce sont des ambiances plus apocalyptiques qui sont invoquées, même si le synthé tout en variations modulaires contraste avec cette première texture. On retrouve le côté électro légèrement bruitiste du Nocturne habituel sur le dernier morceau
The Last Chance. Désorientation mécanique qui ne nous laisse aucune chance. Final impérial pour cette sortie vraiment réussie.
Remerciements à
Éric Duboys.
Chroniqué par
Cyril Adam
le 23/05/2026