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Bazaar

: op-ep



sortie : 2005
label : Autoproduit
style : Electronica

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Tracklist :
01/ laryngoscope
02/ tracheotomy
03/ tube fed
04/ blood poisoning
05/ heart failure

À couper le souffle, l’op-ep de bazaar, alias ascalaphe, alias Fred Debief, l’est assurément. À couper le souffle, comme on le dit de quelque chose qui émeut et remue ; à couper le souffle, comme on le dirait aussi, assez ironiquement, de la mort elle-même.

À l’origine de cet ep, un projet : le Project 168. La règle fondamentale de ce projet : chaque participant doit réaliser en une semaine au maximum (soit 168 heures) un ep. Fred Debief, quant à lui, fait au plus pressé : il ne lui faudra que 48 heures pour réaliser le sien. Sans doute, de son propre point de vue, une telle rapidité dans l’exécution entraîne quelques imperfections. Mais, de notre point de vue d’auditeur, nous sentons surtout l’urgence du travail qui colle parfaitement au sujet que l’auteur s’est imposé : lorsque l’on cherche à sauver une vie, il faut aller au plus vite, travailler avec précision, certes, mais toujours dans l’urgence, il faut faire des choix, il faut les faire vite, pas trop le temps de réfléchir, une fois les décisions prises, il n’est pas question de les remettre dix fois sur le métier de la réflexion, il faut opérer.

Sur un plan plus directement musical, on retrouve avec bazaar, les qualités propres au maître d’œuvre d’ascalaphe. S’y confirme un rapport constructif (qui ne se limite à la simple citation) à la musique dite « savante », que l’on avait pu percevoir à l’écoute de The Hollander Café. L’op-ep est en effet fondé sur deux requiems : le Requiem de Duruflé et le Stabat Mater de Pergolesi. Le résultat de ce travail sur deux « classiques » est un requiem electro qui, pour être sombre (requiem oblige…), n’est jamais morbide. L’ambiance y est certes oppressante et l’on se sent assailli de toutes parts par les sons de ces machines médicales qui côtoyant, par exemple, le chant funèbre des chœurs, finissent par se fondre en une seule unité musicale (heart failure). Mais l’on ne s’effondre pas. Si la mort est inéluctable, une fois mise en musique, elle change d’aspect pour devenir quelque chose à quoi il est possible de penser sans s’apitoyer.

Au fil de ses productions, Fred Debief s’affirme comme un authentique artiste, doué et inventif. En écoutant l’op-ep de bazaar, je me suis laissé allé à croire que l’idée d’un opéra dont le rôle principal serait tenu par une sorte de DJ qui remixerait le répertoire classique n’est peut-être pas complètement saugrenue. À bon entendeur…


[L'op-ep, comme l'ensemble des réalisations du projet, est en ligne sur le site de Project 168]


Chroniqué par Jérôme Orsoni
le 25/04/2005

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