Incoercible,
aAirial semble l'être avec la musique. Quatre albums en l'espace de deux ans ; quatre albums lâchés sur Internet sous licence Creative Commons. Beaucoup d'effort pour pas grand chose. Car, même si le Nancéien bénéficie de l'appui d'un netlabel pour ce dernier opus, on ne peut pas dire que son travail ait jusque là été très remarqué. Pourtant, ses compositions paraissent immédiatement familières : ses nappes polies, ses glitchs joueurs, sa doucereuse mélancolie. Le sentier est balisé ; ses bordures gazonneuses caressant la palissade de
Pleq ; de l'autre côté un buisson qui lorgne sur le terrain de
Julien Neto.
Mais rien de quoi s'enthousiasmer. Ce ne sont pas les goûts de l'artiste, assurément bons, ni la technique ou l'inspiration. C'est la créativité.
aAirial est au glitch ce que le lounge est à l'ambiant. De la musique au kilomètre, certes agréable, mais sans aucune originalité. Au moins, les pochettes de ses albums ne trompent pas sur la marchandise.
Plutôt que de l'entendre emprunter aux autres pour son seul plaisir, on aimerait l'entendre,
aAirial, modeler quelque chose qui lui serait bien personnel. Plutôt que de le voir produire à la pelle des compilations de sons déjà entendus, on aimerait le voir déborder, dépasser, et s'il ne réinvente pas la musique, qu'on puisse au moins reconnaître dans la sienne quelques unes de ses touches ! Car le plus frustrant, en écoutant son œuvre, c'est qu'on l'en imagine parfaitement capable.