Il est de ces albums que l’on vous conseille, que l’on vous prête et que, malgré ce travail prémâché, on ne prend pas le temps d’écouter. Un jour pourtant, une humeur changeante, une envie de renouveau, vous pousse à piocher dans votre bibliothèque musicale. Ce fut le cas pour moi avec
Resurgam, dernier album de l’Americain
Alias. Je le savais bon. Mais pas autant. Je suis tombé sous le charme, tombé amoureux de cette atmosphère.
Une atmosphère bien particulière fait d’oppositions, d’antonymes, de paradoxes. D’un côté, une douceur, une légèreté, animées par de délicates notes de guitare et mises en valeur par de fragiles nappes électroniques imitant les
Boards of Canada. D’un autre, un beat hip-hop fortement marqué, taillant les mélodies jusqu’au sang, rappelant les origines rap de l’ancien MC
Alias.
Malgré une exceptionnelle homogénéité, il est un passage de l’album qui se détache sans conteste.
Death Watch et son prélude offrent au cerveau un billet aller vers l’état de folie, de pure amnésie, où l’organe est seulement capable de se concentrer sur la musique, inhibant tout aspect extérieur. Le court
Place of no more choices permet à l’être humain de revenir à la réalité sans trauma psychologique. Incroyable. Tout aussi enivrant que l’
Autumnal Ego.
Weathering et le featuring de
Hrishikesh Hirway de
The One AM Radio balance dans un registre plus pop, façon
Apparat, caractérisé par un piano envoûtant, mais surtout des notes de trompettes plus familières chez
Beirut ou
Sigur Rós que sur le label
Anticon. Remarquablement bien trouvé.
Ingénieux, original, maitrisé,
Resurgam est une petite pépite. Un album qui a en plus le don de satisfaire les amateurs de hip-hop comme ceux d’électronica. Et dire que j’ai failli passer à côté.