Tout de même, sacrée mode musicale que l’Islande… On ne fera pas de liste ici, mais c’est assez surprenant : les producteurs anglais et scandinaves semblent s’arracher le moindre musicien ou interprète de cette foutue île. On s’étonne toujours autant de ce paradoxe islandais, si bien que cela en devient même un peu rasant.
Olafur Arnalds est islandais, donc. Encore un. Il vient même de Mosfellsbaer, ce petit bled où
Sigur Rós,
Múm et compagnie ont installé leur studio. Et il a eu vingt ans cette année, lorsqu’il a sorti
Eulogy For Evolution. Pour une fois que l’on ne tombe pas dans la parodie de musique islandaise, comme un
Blindflod par exemple, c’est agréable.
Olafur Arnalds n’en est pas pour autant la révélation de l’année, loin de là. Ce multi-instrumentiste, pianiste de formation, livre un premier disque de musique classique inspiré des travaux d’
Arvö Part. A croire que dans le Nord, les influences tournent peu. Musique classique donc, mais lignes pop, phrases syncopées et titres parfois hachurées (
1953). Le piano et les sections à cordes sont brouillés et agressés par ces roulements de batterie et distorsions de guitare (
3055) sur lesquelles se clôt l’album (
3704_3837) :
Olafur est membre de deux groupes de hard rock et écoute avec grand plaisir les signatures de
Constellation. Ca doit être pour ça. Et dire que l’on s’était promis de ne pas tomber dans le stéréotype, on est ici en plein dedans...
La fin de l’album est donc plus bruitiste et surtout plus ennuyeuse. Le violon soliste qui court sur
3326 fera malheureusement trop penser à un autre multi-instrumentiste, français ce coup-ci, et de Brest cette fois, que l’on oublierait volontiers.
Eulogy For Evolution alterne belles mélodies – que l’on a du reste sûrement déjà entendues ailleurs, et lieux communs. Cependant et malgré tout, le jeune islandais mérite d’être suivi car il risque de faire comme ses pairs, et devenir grand. Les récents travaux du gamin qui sortiront au printemps 2008 témoignent déjà d'ouvertures électroniques intéressantes.