Utile ou pas, de dire que la rencontre entre
Frode Gjerstad et
Peter Brötzmann est celle de l’anti-concession défendue par 2 des plus radicaux jazzmen européens ? Indispensable, en tout cas, l’écoute de
Soria Moria.
Usant de clarinettes diverses (de la basse au tarogato), les deux hommes improvisent quelques pièces tourmentées – soutenues (
Riaso Riamo) ou lâches (
Gjerstad évoluant calmement sur les aigus de
Brötzmann sur
Orias Oriam). Capable de sonorités peu communes, le duo progresse au son d’harmoniques ténues et de parallèles (
Asori Amori), d’un concours d’aigus ailleurs (
Lasor Lamor).
Oeuvrant en faveur des contrastes,
Gjerstad et
Brötzmann opposent les aigus de l’un aux graves de l’autre (
Moria Soria), les lignes claire et éraillée (
Airos Airom), enfin, l’expérimentation (
Riaso Riamo) à la mélodie sûre (
Amor Iasoi). En tout, de quoi tenir une cinquantaine de minutes, sans que ne s’installe jamais la monotonie. Si ce n’est celle, impromptue, d’oreilles sifflant soudain.