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Comment concilier la pop à une recherche sincère d’originalité ?…
Psapp se charge de répondre, avec une tranquillité déconcertante – le flegme londonien ?… – qui donne à leur deuxième album, The Only Thing I Ever Wanted, une tonalité vraiment tranquillisante. Il n’y a vraiment pas d’impasse en musique. On peut toujours renouveler un univers qu’on trouvait stérile. Il suffirait peut-être de ne pas se figer sur la volonté de faire du nouveau, de mettre en œuvre ce qu’on sait faire d’un instrument, d’une voix, et d’ajouter ce grain de « pas encore fait » qui naît d’une appréhension innocente de l’univers des sons électro.
L’effet de cet album est étonnamment rassérénant, et en même temps, il nous met en situation d’écoute particulière. Le mixage excellent permet d’apprécier tout le spectre de sons divers manipulés sur les minutes de chaque chanson, avec une imagination débordante, des jouets en plastiques et des xylophones aux machines les plus bizarres, et de se retrouver à l’écoute d’un monde de sons nouveaux, qui s’associent de manière à offrir des mélodies en harmonie avec ce dont on a l’habitude dans les musiques « décoratives » ; sans que ce soit une tare, au contraire. On retient facilement une ritournelle de cet album, à la fois sereine et doucement mélancolique, à l’atmosphère supportée subtilement par des lyrics aux évocations entremêlées. Ainsi, dès ses débuts, ce groupe sait comment faire pour ne pas se faire oublier, et pour persister dans la mémoire, par la légèreté des mélodies qui s’associent à une palette de couleurs nouvellement éclatantes. Je crois qu’un groupe très connu, voire mythique, avait déjà utilisé cette formule de « l’expérimentation pop » pour briller des années durant, et ce dans le monde entier…
En écoutant plus avant, on apprécie une maîtrise candidement nouvelle des rythmiques, et une association très intéressante des mélodies en une totalité qui se fixe naturellement à notre attention. On sent que cette édification provient d’une attention accrue aux univers musicaux les plus dissemblants, des Cure aux musiques traditionnelles africaines et indiennes. Et dans ce tout si fluide, supporté par une voix limpide et d’une douceur profonde, ressortent des sonorités lumineusement inventives, des sons de cloche, de craquements, de portes qui grincent, qui viennent inspirer comme « au bon moment » le sourire de contentement surpris qui fait d’un morceau quelque chose qu’on réécoutera, et qu’on fera découvrir aux autres avec enthousiasme.
Deuxième album séduisant, le premier sorti chez Domino, l’opus de ce duo masculin-féminin (type de formation en vogue), aux inspirations éclectiques, transpire d’une originalité qui ne prétend à rien, et d’une inventivité sans emphase, bref, d’un rapport à la fois ingénu et « explorateur » au monde des sons – tout pour nous plaire.
Chroniqué par Loule 22/05/2006 |
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