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Tout le monde sait à quel point il suffit d'une mélodie, d'une note pour faire chavirer les coeurs et les esprits. On ne peut pas dire que la musique de Ashram soit d'une joie explosive, loin de là. Mais qui ne peut se laisser porter par un spleen enveloppant, s'enivrer d'une émotion forte, qu'elle soit triste ou gaie ? Ici, c'est la mélancolie qui prédomine, le regret, la douleur, mais aussi la force d'une souffrance qui rend ce sentiment pur, au-delà de la provocation auditive. C'est l'essence même de la créativité dont le but est le partage. Partager une sensation, née des rêves d'un autre, abandonner tout refus et sentir quelque chose de si familier prendre le contrôle, sans y opposer la moindre résistance. La noirceur est d'une beauté confondante, il suffit de savoir l'aimer. En ce qui concerne cette production, les mots peuvent venir à manquer. L'explication est simple, certaines émotions sont quasiment impossible à exprimer, parce que loin de tout détail. S'il suffisait d'un piano, d'un violon, un violoncelle et d'une voix poignante pour traverser les remparts les plus durs de tout être humain normalement constitué, alors le quatuor italien aurait découvert l'arme ultime, celle qui touche en plein coeur et laisse des cicatrices plaisantes. Une simple écoute du magnifique For My Sun ou du déséspéré I've Lost Myself, suffit à ouvrir grand les portes de l'automne et de la pluie. Puis d'autres élans sombres viennent pétrifier le cortex une dernière fois comme Lucky's Song (My Dog) ou Horizons, laissant derrière eux une impressionnante quantité de larmes imaginaires.
Indispensable, tout simplement indispensable. A réserver aux amateurs de mélodies graves et aux éternels romantiques. Chroniqué par Yragael le 28/10/2003
Tags : Ashram, Prikosnovenie, Néo-classique, lyrique
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