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Florilège musicopathe

: #18 : Les restes de 2019 (partie 2)



Deuxième partie de notre florilège consacré à quelques albums manqués en 2019...

Daphni – Sizzling EP (Jialong)

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Cette année 2019 aura été marquée par le retour de Daniel Snaith. Le canadien est réapparu en cette fin d’année sur son projet historique Caribou avec le très beau titre Home, un titre enjoué et positif, composé de violons et d’un sample qui semble être issu de la grande époque de la Motown. Plus tôt dans l’année, c’était avec son second projet Daphni que l’artiste s’était fait remarquer. L’EP Sizzling EP comporte cinq titres disco et tout aussi dansants, dont le format semble dédié aux plus grands clubs electro house de Harlem. Le morceau If est certainement le plus accrocheurs avec ses accents de house et son rythme entêtant. Le titre Sizzling est un morceau disco, mêlant sonorités rétro (trompettes, congas et cloches) avec des accents rythmiques et mélodiques très contemporains. De quoi nous faire patienter en attendant le grand retour de Caribou en 2020.

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Sandro Perri – Soft Landing (Constellation)

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Petit chimiste au sein de l’écurie Constellation, Sandro Perri nous a habitué à ses morceaux fleuves brodés d’une pop électronique minimaliste et de solos de guitares anti-Van Halen. Rebelotte sur le début de ce Soft Landing avec un Time (You Got Me) de plus d’un quart d’heure ! Les aficonados des balades à rallonge seront ravis, tandis que les auditeurs plus impatients se consolerons avec le reste de l’album, dont les mélodies et la voix du chanteur ont le chic pour envelopper l’esprit dans un nuage de coton. Comme sur God Blessed The Fool, slow sensuel et épuré de l’artiste dont les sonorités nous évoque une autre époque. Ou encore Wrong About The Rain, titre catchy dont le clavier Stevie Wonder-esque et la mélodie de guitare positive illuminent l’album. En somme, un beau voyage musical que ce Soft Landing qui nous aidait à finir l’année 2019 en douceur.

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The Chemical Brothers – No Geography (EMI)

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C’est une véritable cascade de sons que nous présentent les Chemical Brothers sur ce No Geography. L’album se présente comme un DJ set sans fin, avec des morceaux dansants et des transitions entre les morceaux d’une finesse remarquable. Pour exemple, l’enchainement des trois premiers titres Eve of Destruction, Bango et No Geography est d’une qualité telle qu’on pourrait croire qu’il s’agit d’un unique titre de dix minutes. Dans cette frénésie électronique à en perdre le nord, l’album s’apprécie en tant qu’oeuvre unique, à la manière d’un Since I Left You de The Avalanches. Quelques repères bien marqués se détache néanmoins comme les titres Got To Keep On ou Free Yourself. Les deux producteurs mancuniens Tom Rowlands et Ed Simons fêtent ainsi leur trentième anniversaire de carrière en faisant ce qu’ils savent faire de mieux : divertir et faire danser les foules.

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Fly Pan Am – C’est ça (Constellation)

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Anciens du label québécois Constellation, au même titre que Godspeed You ! Black Emperor ou Silver Mt. Zion, les montréalais de Fly Pan Am ont sans conteste de la bouteille en termes de musique post-rock, expérimentale et instrumentale. Quinze ans après la sortie de leur précédent album N’écoutez pas, le groupe dévoile en cette fin d’année son nouvel album C’est ça. Ce tout nouveau long format nous propulse dans une galaxie étrange et oubliée, constituée de strates abandonnées (One Hit Wonder) et de voyages spatiaux à la vitesse de la lumière (Interface Your Shattered Dreams). Ce n’est donc plus une compagnie aérienne américaine mais bien une agence spatiale intergalactique qui transporte ses auditeurs dans cette guerre des étoiles. La formation semble poursuivie tout au long de l’album par une voix menaçante, criante et violente au travers de morceaux aux rythmes élaborés et aux mélodies pop cosmiques (Each Ether, Discreet Channeling). Après un voyage de plusieurs parsecs et quelques années, Fly Pan Am reprend du service avec brio, et ce pour notre plus grand plaisir.

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Mohamed Lamouri & Groupe Mostla – Underground Raï Love (Almost Musique)

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Artiste de rue et malvoyant de naissance, la passion pour la musique de Mohamed Lamouri l’a conduit à sortir du métro parisien pour se rapprocher des studios et salles de concerts franciliennes. En compagnie du Groupe Mostla, le chanteur a dévoilé fin avril 2019 son premier long format Underground RaÏ Love qui, comme son nom l’indique, est fortement emprunt de sonorités orientales, mais pas que. En effet, associé aux musiciens Charlie O aux claviers, Mocke à la guitare et Baron Rétif à la batterie, Mohamed Lamouri a pu développer son style à la fois dansant et enjoué (Khellitini Najri Maurak, Jamais Nensa Le Souvenir) et mélancolique (Rire Anti, Ana Walesh). Une sorte de pop orientale, drapée de la voix rocailleuse de l’artiste, parfois accompagnée de quelques notes de son fidèle clavier portatif (Baïda Mon Amour, Sbart Ou Tal Adabi et ses tons funky). Une belle occasion d’écouter en boucle les compositions de Mohamed Lamouri, pour ceux qui le suivent depuis plusieurs années déjà, ou ceux qui souhaiteraient découvrir l’univers de l’artiste.

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Amon Tobin – Long Stories (No Mark Records)

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Long Stories est le second album de l’année 2019 signé Amon Tobin. Il est à Fear in a Handful of Dust ce qu’est un Amnesiac à un Kid A. On retrouve ainsi les mêmes mélodies électroniques et fines qui nous ont charmé plus tôt cette années (Sounds Like Moths). Néanmois un poil plus contemplatif et apaisé (Full Panther, Clear for Blue), Long Stories se rapproche d’un ISAM du point de vue des sonorités microscopiques (One Shy Morning, Atkinson Sky), mais s’appréciera également comme oeuvre des grands écarts, avec des titres comme Dust for a Duster ou Feed, fidèles à la patte d’Amon Tobin. L’artiste fera-t-il le tiercé gagnant en 2020 ?



par Jonathan
le 05/01/2020

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